Horesca: «Si on peut aider Tesla, pourquoi pas un restaurateur du Luxembourg?»
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Horesca«Si on peut aider Tesla, pourquoi pas un restaurateur du Luxembourg?»

LUXEMBOURG - À l’occasions des 50 ans de l’Horesca, la fédération des hôteliers, restaurateurs et cafetiers plaide pour de nouvelles aides liées aux contraintes énergétiques et environnementales. Une demande que le gouvernement accueille avec réserve.

par
Thomas Holzer
Le Grand-Duc Henri était présent pour célébrer l'anniversaire de l'Horesca.

Le Grand-Duc Henri était présent pour célébrer l'anniversaire de l'Horesca.

Editpress

Un gâteau d’un mètre, 50 bougies, la présence du Grand-Duc Henri, de plusieurs ministres et d'autres invités prestigieux, l’Horesca a fêté son anniversaire en grande pompe, ce mardi, au Cercle Cité. L’occasion pour son secrétaire général François Koepp d’anticiper les grands défis de le fédération des hôteliers, restaurateurs et cafetiers du Luxembourg.

La même qui «fait avancer les entreprises malgré les tempêtes» souligne-t-il à L’essentiel. Alors que la fin de la crise Covid se dessine, les enjeux environnementaux et les réglementations qu’ils impliquent sont l’autre montagne qui effraie en partie le secteur. Parmi les potentiels gouffres financiers, la loi sur les emballages, les normes écologiques des bâtiments et bien évidemment les prix de l’énergie en hausse, qui pèsent sur les sociétés.

«Ne pas sauter les étapes»

François Koepp, secrétaire général de l'Horesca

Pour François Koepp, toutes n’ont pas la surface financière nécessaire pour faire face à de nouveaux investissements, qui plus est lorsque les demandes de la clientèle vont à l’encontre de la logique environnementale. «Je pense notamment au wellness et aux piscines toujours plus demandés, alors que les inconnues sont nombreuses sur l’approvisionnement en énergie».

En filigrane, le représentant du secteur demande à minima «une règlementation intelligente, sans sauter les étapes», mais surtout des aides supplémentaires pour faire face à ces nouvelles règles liées à l’environnement: «Si on peut aider Tesla, pourquoi pas un restaurateur au Luxembourg?».

Des interrogations que comprend le ministre du Tourisme et des Classes moyennes, Lex Delles, en particulier celles liée au coût de l’énergie. Mais l’État ne fournira pas d’aides spécifiques aux entreprises du secteur. «L’Europe ne nous permet pas de compenser ces coûts. Cela constituerait une distorsion de marché», justifie le ministre DP auprès de L’essentiel, rappelant par ailleurs que l’État a dépensé 250 millions d’euros en aides directes pour le secteur durant la pandémie.

Lex Delles invite les hôtels, restaurants et cafetiers à «rationaliser davantage» et «bien vérifier les achats de marchandises», sans pour autant augmenter les prix. Un sacré challenge, comme celui de la transition énergétique.

Une nouvelle loi pour les locations de type Airbnb

Sur ce point, le ministre rappelle à juste titre que le respect des normes environnementales et les efforts en la matière constituent une excellente promotion pour le tourisme au Luxembourg: «Qui voudrait encore recevoir une fourchette en plastique dans un restaurant?», questionne-t-il. Il estime par ailleurs que le virage pris par le Luxembourg «n’arrive pas trop vite».

Reste un point sur lequel l’Horesca et le gouvernement seront d’accord: la nécessaire réglementation des plateformes en ligne. «Un projet de loi a été introduit récemment. L’objectif est d’éviter la concurrence déloyale dans l’hôtellerie», rappelle le ministre. Au-delà de trois mois cumulés, une location de type Airbnb sera ainsi classée en activité commerciale.

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