Xavier Bettel en Ukraine: «Si Zelensky me demande de recontacter Poutine, je le ferai»
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Xavier Bettel en Ukraine«Si Zelensky me demande de recontacter Poutine, je le ferai»

«On ne vous laisse pas tomber». Dans un entretien accordé à L'essentiel pendant sa visite en Ukraine, Xavier Bettel insiste sur le soutien sans faille du Luxembourg à l'Ukraine, et aborde plusieurs sujets politiques. Dont la communication avec Vladimir Poutine.

par
Thomas Holzer et Nicolas Martin
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Xavier Bettel a rencontré ce mardi Volodymyr Zelensky.

Xavier Bettel a rencontré ce mardi Volodymyr Zelensky.

Ministère d'État/Max Gutenkauf et Liz Thielen
Le Premier ministre luxembourgeois s'est entretenu avec le président ukrainien.

Le Premier ministre luxembourgeois s'est entretenu avec le président ukrainien.

Ministère d'État/Max Gutenkauf et Liz Thielen

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L'essentiel: Quelles ont été vos premières impressions lors de cette visite en Ukraine?

Xavier Bettel, Premier ministre: C'est de l'émotion, du respect, de l'humilité par rapport à un peuple qui se bat, à des villes détruites, à des charniers humains, par rapport à des écoles détruites, des hôpitaux détruits, des veuves que j'ai vues. Elles ont tout perdu. Elles qui étaient mères, grand-mères et épouses et qui n'ont plus que leurs petits enfants. Ces gens à qui j'ai demandé ce qui leur restait et qui m'ont répondu: "Rien". J'ai vu de la solidarité aussi. Un peuple qui se bat, qui ne baisse pas les bras.

Ministère d'État/Max Gutenkauf et Liz Thielen

Ces lieux ressemblent-ils à ce que vous imaginiez?

Je découvre encore plus de dégâts, de guerre. Les images sont une chose mais voir des immeubles, des supermarchés, des écoles, des routes, des ponts détruits, des vies brisées et des existences détruites... c'est beaucoup d'émotions. J'espère qu'on ne fera pas d'erreur à Bruxelles et qu'on arrivera à se mettre tous d'accord pour donner à l'Ukraine cette aide, qui n'est pas seulement matérielle mais aussi psychologique.

Ministère d'État

Avez-vous ressenti de l'appréhension pour ce voyage?

Moi je suis ici quelques heures, les gens y vivent… Je ne vais pas me plaindre de passer de longues heures dans un train ou plusieurs heures à cet endroit. Quand je pense aux annonces de raids aériens contre Kiev, eux vivent avec cette crainte. Tout le temps. C'est là qu'on réalise le prix de la paix et l'importance de se battre pour ses valeurs.

Ce déplacement a-t-il une dimension symbolique ou est-il le signe d'un nouvel élan de soutien?

Les deux. Il est symbolique. C'est le président Zelensky qui m'a invité. Quand Volodymyr m'a dit que c'était important pour lui que je vienne ici, je n'ai pas hésité. Je suis ici pour montrer le soutien du Luxembourg, via les aides et aussi l'élan de solidarité qu'il y a au Grand-Duché. Je suis fier d'être Premier ministre d'un pays qui comprend qu'aujourd'hui on aide et que demain on pourra peut-être compter sur les autres. Dans notre histoire, on a déjà pu le faire.

Ministère d'État/Max Gutenkauf et Liz Thielen

Le Luxembourg va-t-il s'investir davantage?

Il y a des engagements multilatéraux et c'est important pour la coordination. Par ailleurs, on est en contact direct avec l'autorité ukrainienne pour aider sur certains projets qui sont en train d'être discutés pour s'assurer de faire des choses efficaces et nécessaires.

L'Ukraine fait-elle partie de l'Europe?

Elle partage avec nous un continent, celui de l'Europe. Elle doit faire partie de cette famille européenne, mais pour l'heure, elle a simplement le statut de candidat. Il y a encore des devoirs à faire. On sait très bien que l'adhésion comme membre n'est pas pour demain. Cela ne sert à rien de vouloir faire croire des choses. Des critères sont à respecter. Cela dit, ne pas leur donner la perspective de continuer dans les efforts entrepris serait un mauvais signal. C'est la même chose pour la Moldavie. Ces pays ont fait des efforts et doivent continuer. Aujourd'hui, le message est de dire aux Ukrainiens: "On ne vous laisse pas tomber".

Ministère d'État/Max Gutenkauf et Liz Thielen

Avec le recul, regrettez-vous vos échanges avec Vladimir Poutine?

Non pas du tout. Je l'ai fait à la demande du président Zelensky et je peux vous dire que s'il me demande de recontacter Poutine, je le ferai. Je reste à sa disposition pour tout travail pouvant aboutir à une solution.

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