«Pentagon Papers» – Spielberg prend la défense du journalisme idéal

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«Pentagon Papers»Spielberg prend la défense du journalisme idéal

Steven Spielberg relate l'histoire vraie d'éditeurs et de journalistes qui se sont entraidés pour défendre les valeurs de leur métier.

En 1971, le Washington Post est à la traîne du New York Times. Son éditrice, Katharine Meyer Graham (Meryl Streep), se débat pour garder le journal à flot et sauver des emplois. C'est alors que ses journalistes, sous la direction de Benjamin Bradlee (Tom Hanks), obtiennent la copie d'un rapport top secret révélant les mensonges du gouvernement sur la guerre du Vietnam. «Parfait! Publions!» Pas si simple.

Le scénario de «Pentagon Papers» imbrique une foule de thèmes. Le machisme de la profession. La nécessité pour un média de se penser en produit financier. Le jeu de concurrence et de solidarité entre journaux. Les pressions subies par les journalistes et leur gestion des conflits d'intérêts. Et pour chapeauter le tout, la liberté de la presse et son rôle dans le jeu de la démocratie.

Au delà du faux suspense (on ne change pas l'Histoire!), Steven Spielberg défend un idéal, sans taire les tentations qui pourraient le pervertir. Qui n'adhérera pas à une telle démonstration des grandeurs du journalisme? Qui pourra ignorera que si les idéaux n'ont pas changé, leur illustration dans «Pentagon Papers» date de l'âge du plomb? Depuis lors, les sources d'hier sont devenus des lanceurs d'alerte d'aujourd'hui. Internet, WikiLeaks, le numérique sont passés par là. Et ça change beaucoup de choses.

(L'essentiel)

«Pentagon Papers»

De Steven Spielberg. Avec Tom Hanks, Meryl Streep, Bruce Greenwood, Tracy Letts.

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