Interview – Steven Yeun a dit adieu aux zombies
Publié

InterviewSteven Yeun a dit adieu aux zombies

Devenu célèbre grâce au personnage de Glenn dans «The Walking Dead», l’acteur de 37 ans s’est battu, depuis son départ de la série, pour changer de registre.

Le public va retrouver Steven Yeun le 23 juin dans «Minari», qui retrace la vie d’une famille coréenne immigrée aux États-Unis, avec les épreuves qu’elle doit surmonter. Un rôle qui lui a valu une nomination à l’Oscar du meilleur acteur.

«The Walking Dead» vous a rendu célèbre, mais on vous découvre dans un registre bien différent avec ce film. Pourquoi?

Je suis reconnaissant à cette série pour le succès qu’elle m’a apporté. Mais je voulais montrer d’autres facettes de mon jeu d’acteur sans avoir à rester dans l’univers des morts-vivants toute ma carrière.

En quoi ressemblez-vous à ce jeune père coréen qui a immigré aux États-Unis avec sa famille?

Être père m’a permis de mieux assimiler mon personnage. Quand on est enfant, on regarde ses parents d’une certaine manière mais en devenant adulte puis père soi-même, on comprend mieux le travail et les sacrifices qu’ils ont dû faire. J’ai été tiraillé entre mes origines coréennes et les États-Unis où j’ai grandi. Le choc était d’autant plus important que j’ai grandi dans ce qu’on appelle l’Amérique profonde des campagnes au Michigan. Comme Jacob dans «Minari», j’ai essayé de tracer mon propre chemin, ce qui est d’autant plus dur quand on est une personne de couleur qui espère devenir comédien. Il y avait peu de rôles au cinéma pour des gars avec ma tête à mes débuts.

Avez-vous connu une enfance difficile en étant fils de parents immigrés?

J’étais immigré moi-même car je suis né en Corée du Sud. Je me suis senti isolé en arrivant en Amérique du Nord. Enfant, l’immigration m’a détaché de mes parents car ils vivaient selon leurs habitudes alors que j’essayais du mieux possible de m’intégrer. Je ne manquais pas d’amour à la maison mais il y avait une telle différence entre les coutumes de mes parents et mon quotidien avec mes copains d’école, par exemple. Ma famille est venue aux États-Unis sans un sou et elle a fait d’énormes sacrifices pour vivre ici.

Vous êtes père de deux enfants avec votre épouse, la photographe Joana Park. Quel héritage voulez-vous leur transmettre?

Je me suis créé ma propre culture en mélangeant les influences. Je crois que les nouvelles générations comprennent de mieux en mieux que l’on peut venir de n’importe quel pays et s’intégrer à la société où l’on vit sans avoir à renier ses origines.

Est-ce que les fans de «The Walking Dead» peuvent espérer un retour de Glenn dans la saison finale l’an prochain?

Non, j’ai dit adieu aux zombies. Glenn est bien mort et je ne vois pas l’intérêt d’imaginer un flash-back pour son retour… ou alors en mort-vivant dans une scène pour un clin d’œil aux fans (rires).

(L'essentiel/Henry Arnaud, Los Angeles)

Ton opinion