Rafael Nadal – «Suis-je le meilleur de l'Histoire? Je m'en moque»
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Rafael Nadal«Suis-je le meilleur de l'Histoire? Je m'en moque»

Rafael Nadal est entré dans la légende, dimanche, grâce à sa superbe victoire en finale de l’Open d’Australie contre Medvedev.

L’Espagnol veut juste «profiter de soirées comme celle-là».

L’Espagnol veut juste «profiter de soirées comme celle-là».

Fiona Hamilton/Tennis Australia via Getty Images

«Je n’étais pas prêt pour ce genre de bataille, mais c’était le jour où il fallait tout donner», a reconnu Rafael Nadal, dimanche, après avoir remporté un match en cinq sets et plus de cinq heures en finale de l’Open d’Australie pour décrocher son 21e titre du Grand Chelem. L’Espagnol s’est confié en conférence de presse.

Avec votre blessure au pied et tout ce temps passé sans compétition, avez-vous particulièrement souffert ce soir?

Je n’étais pas prêt physiquement pour ce genre de bataille. Je ne m’étais pas suffisamment entraîné pour être prêt pour ça. Mais ce soir c’était très particulier. J’ai donné absolument tout ce que j’avais en moi, vous pouvez me croire. Je suis très, très fatigué. Je n’arrive même pas à fêter (le titre). Mais c’était le jour où il fallait tout donner. Je me suis fait plaisir, j’ai aimé cette bagarre, j’ai aimé ces émotions. Et en plus j’ai le trophée!

Ce soir, je n’ai pas eu mal du tout au pied. J’ai pu courir sans aucune entrave. Je ne sais pas ce qu’il se passera demain, mais j’ai eu la chance de pouvoir jouer librement. Je sais que les choses peuvent changer puisque ma blessure est incurable. Mais j’ai pu jouer pendant un mois, c’est déjà beaucoup. C’était inespéré. Alors ça me donne plein d’énergie pour continuer. J’ai adoré me retrouver sur le court. Et maintenant, je pense pouvoir continuer à jouer encore un moment.

Si on regarde les chiffres, vous êtes le plus grand joueur masculin de tous les temps dans les tournois du Grand Chelem. Que ressentez-vous?

C’est génial de remporter encore un titre du Grand Chelem à ce moment de ma carrière. Ca veut dire beaucoup et je sais que 21 est un nombre particulier. Je sais ce qu’il veut dire. C’est un jour inoubliable. Je ne dirai jamais «je mérite» parce que beaucoup de gens se battent et beaucoup de gens méritent. Mais je crois vraiment que mon état d’esprit est très positif.

Ces derniers six mois, je me suis beaucoup battu pour revenir sur les courts. J’ai traversé des moments très difficiles, j’ai eu des conversations très dures parce qu’on ne savait pas si je pourrais revenir sur le circuit. Alors je me sens honoré. J’ai la chance d’avoir réussi encore une fois quelque chose de grand dans ma carrière tennistique. Je n’attache pas une grande importance au fait de savoir si je suis ou pas le meilleur de l’histoire. Honnêtement, aujourd’hui je m’en moque un peu. Pour moi, l’important est de profiter de soirées comme celle-là. Ca, ça veut dire beaucoup pour moi. Plus que d’avoir remporté mon deuxième Open d’Australie, plus que tout.

Est-ce votre plus grand succès?

Le plus inattendu en tout cas! Je sais ce que j’ai traversé pour en arriver là. Je suis détruit physiquement, je ne peux pas vraiment penser, je ne me rappelle pas bien du match. Le soutien du public a été immense. J’ai été envahi d’émotions pendant tout le match. Ce 21e titre du Grand Chelem m’a procuré plus d’émotions que le premier (Roland-Garros 2005). Cela ne fait aucun doute. En fin de carrière, on apprécie mieux ces moments parce qu’on sait qu’il y a moins de chances qu’ils se représentent. Donc oui, je suis fier, la satisfaction personnelle est plus grande qu’il y a des années.

– Malgré tous ces moments difficiles, qu’est-ce qui fait que vous avez réalisé cet exploit?

L’amour du jeu, la passion, une attitude positive et une envie de travailler. Et les bonnes personnes à mes côtés, qui m’ont aidé chaque jour.

(L'essentiel/AFP)

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