Discours officiel – Sur quels points sera attendu Xavier Bettel?
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Discours officielSur quels points sera attendu Xavier Bettel?

LUXEMBOURG - À la veille du premier discours de l'état de la Nation du Premier ministre de la nouvelle coalition, «L'essentiel» fait le point sur les réformes envisagées par le gouvernement.

Le premier discours sur l'état de la Nation de Xavier Bettel doit apporter plusieurs réponses aux nombreuses questions soulevées par les réformes de son gouvernement.

Le premier discours sur l'état de la Nation de Xavier Bettel doit apporter plusieurs réponses aux nombreuses questions soulevées par les réformes de son gouvernement.

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Pour son premier discours sur l'état de la Nation, qui joue tout à la fois le rôle de photographie de la situation du pays que projet pour l'année à venir, Xavier Bettel (DP) sera attendu au tournant. Car en un peu plus de trois mois d'exercice du pouvoir, la coalition DP-LSAP-Déi Gréng a proposé de nombreuses réformes. Objectif annoncé: «Faire plus avec moins». Des allocations familiales à la refonte globale de l'imposition en passant par la hausse de la TVA, les sujets polémiques ne manquent pas. Petit tour d'horizon des points qui devraient être évoqués mercredi.

Réforme des allocations familiales: Annoncée pour la première fois en décembre 2013 et précisée par la ministre de la Famille, Corinne Cahen, cette idée concentre bon nombre de critiques. Encore au stade de la réflexion, la réforme devrait être précisée au cours du discours de mercredi. Pour le moment, seules les grandes lignes en sont connues: remplacer le montant progressif des aides versées aux familles en fonction du nombre d'enfants par un montant unique. Une idée non encore officiellement critiquée par les partenaires sociaux, puisque non encore officiellement présentée.

Flou autour de l'indexation: Limité à une application dans l'année depuis 2012, et ce pour une durée de trois ans selon le texte voulu par le gouvernement Juncker, le système d'indexation n'a guère été évoqué au cours des trois derniers mois. Alors que le programme gouvernemental assure que «de l’indexation automatique (…) restera intacte», aucune prise de position officielle du Premier ministre à ce sujet n'a été effectuée. Étienne Schneider, vice-Premier ministre et ministre de l'Économie, a pour sa part fait état d'une proposition faite aux syndicats en ce qui concerne le retour à l'indexation automatique. Une proposition réalisée lors du congrès du LSAP, dimanche dernier.

Réforme globale de la fiscalité: Annoncé en janvier et prévu pour 2016, ce projet se basera sur quatre principes directeurs, selon Pierre Gramegna, ministre des Finances (DP): «Lutte contre la pression fiscale sur les dépôts des classes moyennes», «remise en question des abattements fiscaux», «individualisation des taxes» et enfin «mise en place d'un système plus équitable qui devrait taxer plus lourdement les plus riches». Concrètement, le taux nominal et l’assiette» de l’impôt sur les entreprises fait partie des pistes étudiées, contrairement au relèvement du taux maximal d’imposition qui toucherait les plus hauts salaires. Aux dernières nouvelles, il était «encore trop tôt pour prendre position» sur cette question. L'OGBL et le LCGB, de leur côté, mettent en garde contre une réforme qui ne serait dictée «que par des contingences budgétaires». Selon Xavier Bettel, lors de sa rencontre la semaine dernière avec les syndicats, les représentants des salariés seront associés aux réflexions autour de cette réforme.

Tenue prochaine d'une tripartite nationale?: Voulue par le LCGB et vue d'un bon œil par le Premier ministre, l'organisation d'un tour de table avec l'ensemble des partenaires sociaux reste à l'heure actuelle en suspens. Une incertitude motivée par la décision prise par l'OGBL et la CGFP qui estiment que «le dialogue actuel est suffisant». Pour le LCGB en revanche, cette tripartite est jugée nécessaire «pour combattre le chômage et atteindre l'équilibre des finances publiques». En clair, le syndicat chrétien-social souhaite faire entendre ses positions dans le cadre de négociations officielles.

La hausse de la TVA: Après plusieurs mois de flottement quant à la date de mise en application de la mesure, le gouvernement a finalement tranché pour le 1er janvier 2015. Destinée à compenser la perte de revenus issus de l'abolition de la TVA sur le commerce électronique à partir de 2015, cette mesure va aboutir au relèvement de la taxe de deux points. La TVA générale passera ainsi de 15% à 17%, la TVA intermédiaire verra son taux atteindre 14% contre 12% auparavant, tandis que le taux de TVA super réduite sera maintenu à 3%. Pour le moment, aucun chiffre précis sur les retombées attendues n'a été présenté. Une absence de chiffres qui n'a pas empêché les organisations syndicales de dénoncer cette mesure, jugée synonyme «de perte du pouvoir d'achat» pour les travailleurs du Grand-Duché.

Les différents taux de TVA dans l'UE au 1er janvier 2014

(Jmh/L'essentiel)

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