"Survivre avec les loups": l'histoire est fausse
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"Survivre avec les loups": l'histoire est fausse

L’auteure du roman autobiographique a avoué ne pas être juive et s’être créé un passé «pour conjurer [sa] souffrance».

Le roman a été adapté au cinéma. (afp)

Le roman a été adapté au cinéma. (afp)

Le récit est touchant, mais il est inventé. Les aventures d'une petit Juive partant à la recherche de ses parents pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a inspiré le livre et le film à succès "Survivre avec les loups", est imaginaire, a reconnu jeudi son auteur belge Misha Defonseca, après avoir prétendu le contraire.

Au cœur d'une polémique en Belgique parce que son histoire, qu'elle disait autobiographique, était contestée par des historiens qui y ont relevé des incohérences, Mme Defonseca a finalement expliqué au quotidien Le Soir qu'elle s'était "racontée, depuis toujours, une autre vie".

«Ma manière de survivre»

"Ce livre, cette histoire, c'est la mienne. Elle n'est pas la réalité réelle, mais elle a été ma réalité, ma manière de survivre", a dit Mme Defonseca, qui reconnaît s'appeler en fait Monique De Wael, selon des propos publiés jeudi soir sur le site Internet du quotidien belge.

"Je demande pardon à tous ceux qui se sentent trahis, mais je les supplie de se mettre à la place d'une petite fille de quatre ans qui a tout perdu, qui doit survivre (...) et de comprendre que je n'ai jamais rien voulu d'autre que de conjurer ma souffrance", ajoute celle qui affirmait avoir été sauvée par une meute de loups.

Parents déportés

Selon l'enquête du Soir, la famille de Misha Defonseca/Monique De Wael n'était pas juive, ses parents résistants ont été arrêtés et déportés en 1941, lorsqu'elle avait quatre et non huit ans, et alors qu'elle était censée être sur les routes de Pologne, elle était en fait scolarisée à Bruxelles.

"Toute sa vie est un mélange de souvenirs de réalité et d'un univers intime qui s'est décalé de la réalité. Sa vérité n'était pas vraiment la vérité, ça lui a totalement échappé", a expliqué à l'AFP Me Uyttendaele, en soulignant que la petite fille, placée avec des membres de sa famille qu'elle détestait, avait fini par s'"identifier aux victimes absolues, la communauté juive".

avec AFP

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