Qatar 2022 – Syndicats et ONG mettent la pression sur la FIFA

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Qatar 2022Syndicats et ONG mettent la pression sur la FIFA

Les conditions de travail au Qatar et sur les chantiers du Mondial-2022 ont une nouvelle fois été critiquées par les syndicats et les organisations non gouvernementales.

Des membres de l'Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) et du syndicat Unia, au nombre d'environ 40, brandissaient des cartons rouges, jeudi, en début d'après-midi, devant les grilles du siège de la FIFA, sur les hauteurs de la cité suisse, pour demander à ses dirigeants de ne pas se faire les complices des violations des droits des travailleurs recensés dans l'émirat. «Pas de Coupe du monde au Qatar sans le respect des droits des travailleurs», pouvait-on lire sur une banderole brandie par les manifestants, à peine plus nombreux que les journalistes sur place.

De son côté, Amnesty International a fait savoir jeudi qu'elle allait publier en novembre un rapport complet sur la situation des travailleurs au Qatar. «Les formes combinées d'exploitation dans certains cas que nous avons documentés peuvent être considérées comme du travail forcé», a déclaré jeudi James Lynch, chercheur d'Amnesty International sur les travailleurs migrants dans le Golfe. À la suite de l'enquête publiée la semaine dernière par le quotidien britannique The Guardian répertoriant 44 morts entre début juin et début août sur un chantier phare au Qatar, la FIFA s'était dite «très préoccupée» et avait promis d'évoquer le sujet lors de ce comité exécutif. Pour tenter de répondre à ces accusations, le gouvernement du Qatar a, lui, mandaté un cabinet d'avocats d'affaires international.

Le Qatar engage des avocats

«Le ministère du Travail, agissant au nom du gouvernement qatarien, a chargé le cabinet d'avocats DLA Piper d'examiner toutes les allégations d'une manière indépendante et de lui faire un rapport sur leur véracité», a déclaré le conseiller du ministère pour les Affaires internationales, Ali Ahmed Al Kholeifi. À la lumière de ce rapport, «le ministère prendra toutes les mesures appropriées pour répondre à ces allégations», a ajouté le conseiller, cité par l'agence officielle QNA. Une délégation internationale de défense des travailleurs doit arriver lundi au Qatar pour «constater les conditions de travail des migrants». Mais déjà, la Confédération internationale des syndicats (CSI-ITUC) estime à 400 le nombre de décès par an sur les chantiers au Qatar.

«La frénésie de construction en vue de la Coupe du monde de football risque de coûter la vie à au moins 4 000 travailleurs au cours des sept prochaines années si des dispositions ne sont pas prises pour garantir des droits aux travailleurs migrants», s'est insurgée, mardi, Sharan Burrow, la secrétaire générale de la Confédération syndicale qui rassemble les syndicats de 156 pays.

Huis clos à la FIFA

«Malgré plus de deux années d'entretiens et de demandes instantes auprès de la FIFA et des autorités du Qatar, celles-ci n'ont pas pris la moindre mesure concrète pour garantir les droits fondamentaux inscrits dans le droit international», selon elle. Mais au-delà des décès sur les chantiers, le Mondial-2022 avait déjà une bonne place au menu du comité exécutif de la FIFA, et ce avant tout pour régler une autre polémique: le choix ou non de déplacer en hiver cette compétition disputée généralement en juin ou juillet, afin d'éviter aux joueurs et visiteurs les chaleurs accablantes de l'été dans le Golfe.

À la veille de sa réunion, le comité d'organisation du Mondial-2022 a fait savoir mercredi à Doha qu'il était toujours prêt à accueillir l'événement sportif le plus populaire de la planète, que ce soit en été ou à n'importe quelle autre période de l'année», si la communauté internationale du football trouve un consensus sur ce dossier. Comme d'accoutumée à la FIFA, rien ne devait filtrer des débats, jeudi, avant la conférence de presse prévue vendredi en début d'après-midi par son président, le Suisse Sepp Blatter, et son secrétaire général, Jérôme Valcke. Les autres membres du comité exécutif devraient repartir sans piper mot.

(L'essentiel Online/ats)

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