«Tatouer ne s'apprend pas en trois semaines»

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Métier au Luxembourg«Tatouer ne s'apprend pas en trois semaines»

LUXEMBOURG – Il a fallu plusieurs années d'apprentissage à Toki et Sandra avant de devenir des artistes tatoueurs. Ils donnent quelques conseils à ceux qui veulent se lancer.

par
Marion Mellinger
Tatoueur
Tatoueur

Le parcours pour devenir tatoueur est long et assez solitaire.

Vincent Lescaut

«Devenir tatoueur est un très long chemin et assez solitaire. Il n'y a pas d'école, de formation pour le moment (lire ci-contre). Je conseille toujours de se renseigner auprès de son artiste préféré et éventuellement d'y faire un apprentissage. Ça ne s'apprend pas en trois semaines», explique Toki, artiste au 1535° à Differdange.

Toki a voulu son premier tatouage à l'âge de 16 ans, mais sa maman était opposée à cette idée. «J'ai décidé de faire mon chemin tout seul, j'ai acheté ma première machine et je me suis fait mon premier tatouage moi-même. Je savais déjà dessiner. J'ai ça dans le sang depuis que je suis tout petit. J'ai fait mes premiers pas tout seul. J'ai un ami qui était tatoueur qui m'a donné quelques conseils. J'ai fait quelques stages dans des studios mais ça n'avançait pas comme je voulais, je voulais apprendre plus vite. Je voulais vraiment devenir bon et meilleur très très vite. Je comprends maintenant qu'il faut y aller étape par étape», raconte-t-il.

Sandra, elle aussi installée au 1535°, a effectué son apprentissage quand elle était au lycée, avec l'artiste Irena Hodzic. «J'ai toujours dessiné depuis toute petite mais je n'aimais pas les tatouages parce que ce qu'on voyait ce n'était pas du tout l'esthétique que j'avais en tête. Et quand j'ai découvert le travail d'Irena, qui avait un studio en ville, c'était la première fois que j'ai vu des tatouages vraiment artistiques. J'ai alors compris que c'était un art et qu'on pouvait faire autre chose que le tribal et ce qu'on voyait à ce moment-là. C'est là que j'ai appris le métier d'artiste tatoueur. J'ai eu de la chance de l'avoir comme mentor», explique l'artiste.

Tatoueuse
1535 creative hub

photo : Vincent Lescaut
Tatoueuse

Après son apprentissage, Sandra a travaillé plusieurs années dans le shop où elle a été formée. Elle s'est lancée à son compte en 2010.

Vincent Lescaut

Des évolutions notamment du côté du matériel

Entre le moment où Toki et Sandra ont fait leurs premiers pas dans le monde du tatouage et maintenant, le matériel a beaucoup évolué. «On faisait nos aiguilles nous-mêmes. Elles devaient être très bien soudées, sinon la peau se déchirait. C'était un véritable talent à avoir, sinon notre carrière était déjà terminée. Avec des machines sans fil, des aiguilles beaucoup plus fines, c'est plus simple d'apprendre le métier maintenant», détaille Sandra.

Au-delà de la technique, les compétences en dessin aussi sont importantes. «Certains tatoueurs ne savent pas dessiner mais c'est toujours bien d'avoir une base de dessin classique, ça donne une autre touche, une autre qualité», ajoute Sandra. Tous les artistes tatoueurs doivent également suivre une formation autour de l'hygiène.

Une formation est en préparation

Des groupes de travail et des équipes curriculaires travaillent actuellement à concevoir de toutes nouvelles formations professionnelles. Un DAP (diplôme d'aptitude professionnelle) tatouage serait en préparation, selon le ministère de l'Éducation nationale.

Comment bien choisir chez qui se faire tatouer?

Pour Toki, «la recherche est très importante pour choisir son tatoueur, savoir quel type de tatouage on veut avoir». Sandra et lui s'accordent à dire que le contact avec l'artiste est tout aussi important. «Un tatouage c'est pour la vie. Il est important de discuter avec le tatoueur. Pour s'assurer que l'on est bien en phase, qu'il a bien compris la demande». Enfin, ils recommandent de regarder sur les réseaux sociaux les réalisations de l'artiste. «C'est bien aussi de voir les tatouages cicatrisés que l'artiste a déjà réalisés, de pouvoir discuter avec des personnes qui sont passées sous ses aiguilles», ajoute Sandra.

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