Luxembourg: «Taxer les logements vides? C'est une des solutions»
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Luxembourg«Taxer les logements vides? C'est une des solutions»

LUXEMBOURG – Après les premières Assises du Logement mercredi et jeudi, le ministre Déi Gréng Henri Kox fait le point sur le développement du logement abordable au Luxembourg. Lui assure que le gouvernement fait sa part du travail.

par
Thomas Holzer
Henri Kox a participé aux Assises du Logement, au Centre culturel Prince Henri, à Walferdange.

Henri Kox a participé aux Assises du Logement, au Centre culturel Prince Henri, à Walferdange.

«L'essentiel»: Quel bilan tirez-vous des Assises du Logement?

Henri Kox, ministre du Logement: Un bilan très positif avec deux journées que je qualifierais de proactives avec les communes. 100 d'entre elles sur 102 ont signé le Pacte logement 2.0. Nous avons regroupé tous les gens impliqués dans ce projet. Les échanges visaient également à finaliser leur programme d'action local logement.

Ce nouveau Pacte logement adopté l'année passée est-il accepté par les communes?

Accepté, je ne le dirais pas directement, mais elles s'engagent. Je crois qu'il y a une volonté d'aller de l'avant. C'est une question de responsabilité partagée. Notre rôle est de donner des conseils et de soutenir financièrement. Celui des communes est de finaliser les projets. Nous devons travailler ensemble.

Comment augmenter le nombre de logements sociaux?

C'est une question de volonté politique. L'investissement est passé de 40 millions d'euros en 2017 à plus de 300 millions aujourd'hui. Le deuxième volet, c'est l'engagement des communes et les projets d'envergure des deux promoteurs publics. Cela va prendre du temps, mais l'élan est là.

Pour l'instant, les résultats ne sont pas encore au rendez-vous…

La limite, c'est d'abord la mobilisation… et le temps. Mais il faut bien commencer un jour. Nous l'avons fait il y a trois ans avec le projet de loi sur le logement abordable, qui est mieux défini, avec notamment une liste des bénéficiaires.

Quels instruments l'État peut-il encore mettre en place?

D'abord l'argent, mais aussi l'aide logistique, ainsi que les critères de transparence et d'équité qui ont été définis par la loi. Mobiliser les logements vides est aussi une solution. C'est un travail qu'il faut poursuivre au sein du ministère avec la taxe sur les logements vides, et toujours la mobilisation des communes sur ce point.

Comment faire baisser les prix sur le marché privé?

Il y a deux éléments: favoriser l'abordabilité et essayer de mettre en place des contraintes plus strictes. C'est pour cela qu'on travaille sur la transparence, sur le capital investi ou encore sur les différentes formes de cohabitation. Un projet de loi doit être livré avant l'été, nous sommes en train de le finaliser.

Faut-il faire évoluer les modèles de construction, vers plus de hauteur par exemple?

Nous en avons discuté, mais cela va de paire avec l'aménagement de l'espace public. Il faut aller au-delà des craintes présentes. Il est aussi important de découvrir les bonnes pratiques dans les pays voisins.

Quels objectifs pour les 5,10, 15 ans à venir?

Je veux un parc de logement abordable équivalent en pourcentage au risque de pauvreté, qui est compris entre 15 et 17% au Luxembourg. L'investissement public doit continuer, ce que ce gouvernement a bien compris. La volonté est autant présente d'investir dans la mobilité (tram, transports gratuits) que dans le logement abordable.

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