Iran: Téhéran réprime des manifestations, Biden hausse le ton

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IranTéhéran réprime des manifestations, Biden hausse le ton

Le président des États-Unis s’est dit solidaire, mercredi, des «femmes courageuses d’Iran» après qu’au moins huit personnes ont été tuées lors d’une répression «brutale» de manifestations.

Manifestation à Téhéran le 21 septembre 2022.

Manifestation à Téhéran le 21 septembre 2022.

AFP

À la tribune de l’ONU, mercredi, le président des États-Unis, Joe Biden, s’est dit solidaire des «femmes courageuses d’Iran» après qu’au moins huit personnes ont été tuées lors d’une répression «brutale» de manifestations déclenchées par le décès d’une jeune femme arrêtée par la police des mœurs. Avant Joe Biden, son homologue iranien Ebrahim Raïssi a dénoncé l’hypocrisie de l’Occident et s’est montré intransigeant devant l’Assemblée générale des Nations unies, alors qu’il est sous pression sur le programme nucléaire de son pays et sur les droits des femmes, et qu’il est visé par une plainte de dissidents à New York.

Dans nombre de villes d’Iran, comme dans le Nord-Ouest à Ourmia et Sardasht, des manifestations nocturnes ont encore éclaté mercredi soir pour la cinquième nuit consécutive. Elles se succèdent dans une quinzaine de villes depuis l’annonce du décès de Mahsa Amini, vendredi, jusqu’à la ville sainte de Qom, au sud-ouest de Téhéran, cité natale du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Foulards brulés

Le bilan s’établit à six morts selon les autorités iraniennes, auxquels il faut ajouter deux personnes tuées dans la nuit de mardi à mercredi, selon un groupe kurde basé en Norvège. Amnesty International a également dénombré la mort de six hommes, une femme et un enfant. L’organisation a dénoncé une «répression brutale» et «le recours illégal aux tirs de grenailles, billes d’acier, gaz lacrymogène, canons à eau et coups de bâton pour disperser les manifestants».

Dans le Sud, des vidéos datant apparemment de mercredi montrent des manifestants brûler un portrait immense du général Qassem Soleimani, tué par une frappe américaine en Irak, en janvier 2020. Ailleurs dans le pays, des manifestants ont incendié des véhicules de police, lancé des pierres sur les forces de sécurité et scandé des slogans hostiles au pouvoir, selon l’agence officielle Irna. La police a riposté par des gaz lacrymogènes et de nombreuses arrestations, a précisé l’agence. D’autres images montrent des manifestants résistant aux forces de l’ordre. Les plus virales sur les réseaux sociaux sont celles où l’on voit des femmes mettre le feu à leur foulard.

Des hommes et des femmes, dont beaucoup avaient ôté leur foulard, se sont rassemblés à Téhéran et dans d’autres grandes villes du pays, selon Irna. «Non au foulard, non au turban, oui à la liberté et à l’égalité!», ont crié ces manifestants dans la capitale, leurs slogans ayant été repris par solidarité à New York ou à Istanbul. Les informations circulent toutefois difficilement en Iran, où les médias sociaux étaient très perturbés, mercredi soir.

(AFP)

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