Bande dessinée – Tel un fantôme parmi les «Merry Pranksters»

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Bande dessinéeTel un fantôme parmi les «Merry Pranksters»

Jack Manini et Olivier Mangin ont concocté un road trip halluciné, qui se déroule en plein cœur de la beat génération.

«Jack Cool» est une série qui débute en 1966 et avancera d'une année à chaque volume.

«Jack Cool» est une série qui débute en 1966 et avancera d'une année à chaque volume.

Californie, 1966. Sale, maigre et complètement perdu, il est apparu tel un fantôme dans la petite communauté des «Merry Pranksters» («Joyeux Déconneurs»). Cette bande d'allumés notoires était lancée dans une traversée d'est en ouest des États-Unis à bord d'un bus scolaire. Relooké en vaisseau spatial psychédélique, l'engin était tombé en panne. À peine arrivés, ils l’ont surnommé Jésus Gris. Il ne parle pas, tait ses mystères, mais va néanmoins finir par les entraîner sur la route au volant du bus qu'il a retapé. Jayne Mansfield, actrice et grande prêtresse de l’église du sataniste Anton Lavey, va charger le détective Jack Cool de retrouver sa fille. L’enquête le mène jusqu’au fameux bus.

«"Jack Cool" est une série qui débute en 1966 et avancera d'une année à chaque volume. Le LSD comme nouveau dieu avec son apôtre Ken Keisey et sa communauté hippies opposés à la vision très conservatrice du sataniste Anton LaVey sont les principales sources d'inspiration des deux premiers tomes», explique Jack Manini, le scénariste.

Road trip halluciné

Reconnaissable dans la BD à son tee-shirt rayé bleu et blanc, Ken Keisey avait quitté sa vie d'étudiant modèle pour un job qui payait bien les civils et ne demandait aucun effort. Il était cobaye pour le LSD. Et toutes ses aventures successives à l'hôpital lui ont inspiré un livre devenu un film culte, «Vol au-dessus d'un nid de coucou» (1975), avec le monstrueux Jack Nicholson qui obtenait l'Oscar du meilleur acteur. «Pour savourer ce premier tome, on peut écouter le Velvet Underground en boucle, les Doors ou Lou Reed pour la nostalgie», explique Jack Manini, trop heureux que l'Amérique des années 60 soit une mine d'or pour un scénariste.

La popularité du LSD ayant grandi sur le terreau de la contestation, voici donc racontée en partie la vie fantasque des «Merry Pranksters», popularisés par l'un des fondateurs du mouvement, un certain Jack Kerouac («Sur la route»). Road trip halluciné basculant vers le thriller noir, «Jack Cool 1966» doit aussi beaucoup au dessin pétillant d'Olivier Mangin. C'est d'ailleurs à se demander quel produit a pris le duo Manini-Mangin pour produire un album aussi sympathiquement décalé et déjanté.

«Jack Cool 1966 - T. 1/2».
Jack Manini, Olivier Mangin. Bamboo.

(Denis Berche/L'essentiel)

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