Travail au Luxembourg – Télétravail des frontaliers: «Oui», mais...
Publié

Travail au LuxembourgTélétravail des frontaliers: «Oui», mais...

LUXEMBOURG - Le ministre du Travail n'est pas opposé au télétravail des frontaliers, mais il s'interroge sur la rentabilité du système.

«Le problème de la mobilité ne sera pas résolu par le télétravail», estime Nicolas Schmit, le ministre du Travail et de l'Emploi.

«Le problème de la mobilité ne sera pas résolu par le télétravail», estime Nicolas Schmit, le ministre du Travail et de l'Emploi.

Editpress

«Je ne suis pas hostile au principe du télétravail. D'ailleurs, nous allons lancer un projet-pilote dans les services publics et l'administration au Luxembourg pour en mesurer les effets», assure Nicolas Schmit, le ministre du Travail et de l'Emploi, avant d'ajouter que sur le territoire national, «cette initiative ne pose pas de problèmes de fiscalité».

La fiscalité! C'est tout le problème du télétravail des frontaliers. À l'heure actuelle, selon les règles européennes, un salarié frontalier n'a pas le droit de travailler plus de 20% en dehors de son lieu de travail (l'équivalent d'un jour sur cinq), sinon il paye des impôts là où il réside. «Je ne vois pas les pays européens changer la donne», estime le ministre. En l'état actuel des choses, des élus comme le maire de Thionville, Pierre Cuny, plaident pour la création d'espaces de coworking côté français, non loin de la frontière. Nicolas Schmit n'y est pas opposé, mais s'interroge. «Y a-t-il une réelle rentabilité pour le salarié, pour l'entreprise?».

Le ministre du Travail ne tient pas en tout cas à ce que le développement du télétravail se traduise par une insécurité juridique pour les entreprises luxembourgeoises. Une commission intergouvernementale Luxembourg-France planche actuellement sur les impacts financiers qu'auraient de telles installations. Néanmoins, Nicolas Schmit reste inflexible sur la participation financière du Luxembourg: «Ce sont des initiatives privées qui doivent être financées par le privé. Ce n'est pas le rôle de l'État», martèle-t-il.

(Gaël Padiou/L'essentiel)

Ton opinion