Tunisie – Tension extrême à Tunis

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TunisieTension extrême à Tunis

Des heurts entre policiers et des dizaines de protestataires ont éclaté devant le ministère de l'Intérieur, alors que des manifestants y accompagnaient l'ambulance transportant l'opposant tué mercredi.

Les heurts ont éclaté alors que quelques dizaines de personnes protégeaient l'ambulance transportant le corps de Chokri Belaïd. (AFP)

Les heurts ont éclaté alors que quelques dizaines de personnes protégeaient l'ambulance transportant le corps de Chokri Belaïd. (AFP)

Les manifestants ont jeté des pierres sur les policiers qui ont répliqué avec des lacrymogènes et de violents coups de matraque pour disperser la foule, alors que quelques dizaines de personnes protégeaient l'ambulance malgré les nuages de gaz. La police avait déjà tenté de disperser la foule une première fois après avoir été visée par des jets de bouteilles mais l'arrivée de l'ambulance, bardée de drapeaux tunisiens a permis à la foule de se regrouper. Les forces de l'ordre sont cependant rapidement revenues à la charge malgré ce cortège hautement symbolique remontant cette avenue, en plein centre de la capitale, qui était un haut lieu de la révolution de 2011. «C'est un fils du peuple, c'est normal qu'il passe sur l'avenue Habib Bourguiba», a déclaré Moufida Abbassi, journaliste et amie de la victime.

Vers 15h40, les heurts avaient cessé sur cet axe peu après que le véhicule transportant le corps de Chokri Belaïd, tué par balle dans la matinée, ait quitté l'avenue. Les affrontements se poursuivaient cependant dans les rues aux alentours, les policiers pourchassant les protestataires.

Crise politique

Les opposants accusent les islamistes au pouvoir d'être responsables du meurtre, ce que le parti Ennahda a démenti avec véhémence. Des locaux d'Ennahda, au pouvoir, ont été attaqués par des manifestants dans plusieurs villes et les manifestations se sont multipliées à travers la Tunisie. La Tunisie est plongée dans une crise politique, faute d'un compromis sur la future Constitution qui bloque l'organisation de nouvelles élections, alors que des membres de la coalition gouvernementale réclament un remaniement pour retirer aux islamistes des ministères régaliens. Face à l'impasse, les violences se sont multipliées et plusieurs opposants ont accusé des milices pro-pouvoir, la Ligue de protection de la révolution, d'orchestrer des heurts ou des attaques contre l'opposition.

Ce mouvement est accusé d'avoir tué en octobre Lotfi Naguedh, un responsable du parti d'opposition Nidaa Tounès. Secrétaire général du parti des Patriotes démocrates, Belaïd avait rejoint avec sa formation une coalition de gauche, le Front populaire, qui se pose en alternative au pouvoir en place. Très présent dans les médias, le poids politique de Chokri Belaïd et de ses alliés demeure une inconnue, le Front populaire n'ayant été créé qu'après les élections d'octobre 2011.

(L'essentiel Online/AFP)

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