En Italie – Tests Covid «suspendus» pour les plus démunis

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En ItalieTests Covid «suspendus» pour les plus démunis

À Naples, la tradition du «café suspendu» qui consiste à payer deux cafés pour qu'un nécessiteux puisse savourer le sien gratuitement, s'étend désormais aux tests Covid.

A local resident donates money during a rapid antigen testing campaign for the Covid-19 disease caused by the novel coronavirus, at the Basilica of "San Severo fuori le mura" in the Rione Sanita district in centre Naples on November 23, 2020. - Associations in Naples offer tests to local residents for 18 euros, or for free in the form of a "suspended swab test", inspired by the tradition of the  "suspended coffee" ("caffe sospeso" in italian). Those who can pay for the test can also buy another one for someone else who cannot afford it. (Photo by Andreas SOLARO / AFP)

A local resident donates money during a rapid antigen testing campaign for the Covid-19 disease caused by the novel coronavirus, at the Basilica of "San Severo fuori le mura" in the Rione Sanita district in centre Naples on November 23, 2020. - Associations in Naples offer tests to local residents for 18 euros, or for free in the form of a "suspended swab test", inspired by the tradition of the "suspended coffee" ("caffe sospeso" in italian). Those who can pay for the test can also buy another one for someone else who cannot afford it. (Photo by Andreas SOLARO / AFP)

AFP/Andreas Solaro

Dans l'église San Severo Fuori Le Mura de Naples, une association locale propose aux résidents de faire un test rapide pour détecter le virus, tout en offrant un autre test à un concitoyen anonyme.

«C'est une zone à haut risque: des familles nombreuses y vivent dans des logements exigus, le danger de contagion est donc très élevé», explique Angelo Melone, l'instigateur de cette initiative à but non lucratif. En deux semaines, mille personnes ont été testées, dont 300 ont bénéficié de la générosité de leurs voisins.

L'Italie touchée de plein fouet

«Nous les Napolitains, nous avons un grand cœur, dans les meilleurs et les pires moments, nous partageons tout», confie fièrement Giuseppina Puglise, après avoir financé un test pour un Napolitain anonyme. Chaque test, d'un coût de 18 euros, est réalisé par une équipe de trois médecins et deux infirmières, à l'intérieur de l'église. La somme sert à payer l'équipe médicale et les tests.

Les tests rapides ont été généralisés en Italie, le premier pays européen touché par le virus en début d'année et qui totalise désormais plus de 50 000 morts. Le même test dans une clinique privée de Naples peut coûter entre 30 et 40 euros, tandis qu'un test moléculaire PCR, plus fiable, peut revenir à 70 euros.

«Un devoir civique»

Antonio Campagna, un chauffeur de taxi de 33 ans, père de trois enfants, fait partie des nombreux Napolitains qui ont été touchés de plein fouet par la crise économique provoquée par des périodes de confinement. Les régions du sud de l'Italie, plus fragiles que le Nord opulent et industriel, ont payé un prix fort. «J'ai entendu parler de la possibilité d'un test gratuit», raconte-t-il à l'AFP. «J'aimerais profiter de l'initiative, un acte d'altruisme total».

De son côté, Luigi Parisi, Napolitain de 32 ans, a acheté très naturellement un second test pour aider quelqu'un de moins fortuné. «C'est un devoir civique et moral», glisse-t-il.

(L'essentiel/afp)

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