Tété tête rasée et santiags aux pieds

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Tété tête rasée et santiags aux pieds

Tété remet ça avec «Le premier clair de l'aube» qui, il espère, éclipsera le flop relatif du disque précédent.

Preuve qu'il n'est pas Samson, Tété n'a pas perdu son talent lorsqu'il a rasé ses dreads. Au contraire, on dirait qu'avec «Le premier clair de l'aube», il s'est offert la chance d'un nouveau départ.

Sentant que, peut-être, il s'était quelque peu essoufflé en faisant du hors-piste sur le dernier disque qu'était l'ambitieux «Le sacre des Lemmings et autres contes de la lisière», le chanteur désormais grimé en Jacques Audiard de Dakar revient à ses racines country et aux comptines courtes en guise d'interludes, comme il l'avait si bien fait sur «À la faveur de l'automne».

Même s'il peut adopter un ton léger, Tété met l'accent sur les mots. Les textes invitent à la réflexion et à l'interprétation grâce à leur mélange d'argot et de tournures de phrases et expressions vieillottes. L'album révèle un artiste toujours aussi sensible et indécis entre deux chemins. Musicalement, cela se traduit par de la pop qui repose sur les diktats de la country, un peu comme la conçoit une Norah Jones.

D'ailleurs, pour ce disque produit par Steve Berlin, artisan des albums de REM ou de John Lee Hooker, Tété a fait appel au bassiste d’Elvis Costello, Davey Faragher, ou encore au guitariste de Willie Nelson, Van McCallum. Tété ne fait nullement dans la facilité, comme en témoignent le tour de chant peu orthodoxe sur «1770» et le spleen déployé sur le titre éponyme.

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