Election britannique – Theresa May va batailler pour rester à son poste

Publié

Élection britanniqueTheresa May va batailler pour rester à son poste

La Première ministre britannique a perdu sa majorité absolue au Parlement. Malgré des appels à la démission venue de l'opposition, elle veut continuer à diriger le pays.

Theresa May entend rester en poste.

Theresa May entend rester en poste.

AFP/Geoff Caddick

La Première ministre conservatrice, Theresa May, a perdu jeudi la majorité absolue dont elle disposait au Parlement, un résultat choc qui plonge le pays dans l'incertitude à quelques jours de l'ouverture des négociations du Brexit. C'est un échec personnel pour Mme May, qui avait convoqué ces élections législatives anticipées en comptant en obtenir une majorité renforcée pour négocier la sortie de l'Union européenne. Mme May disposait d'une majorité de 17 sièges dans le Parlement sortant.

Le chef du parti travailliste, Jeremy Corbyn, a appelé la Première ministre conservatrice à démissionner après les pertes subies par son parti. «Elle a perdu des sièges conservateurs, perdu des voix, perdu le soutien et la confiance. C'est assez pour qu'elle parte et laisse la place à un gouvernement vraiment représentatif», a déclaré M. Corbyn, en s'adressant à ses électeurs, tôt, vendredi matin. L'intéressée n'est évidemment pas de cet avis. Elle a affirmé que son parti assurerait la stabilité du pays: «Le pays a besoin d'une période de stabilité et quels que soient les résultats, le parti Conservateur assurera que nous pouvons remplir ce devoir et assurer la stabilité». Elle-même a été réélue dans sa circonscription de Maidenhead.

C'est par un coup du sort que Theresa May est arrivée au pouvoir en juillet 2016: le pays venait de voter le Brexit, obligeant son prédécesseur David Cameron à démissionner. Theresa May a alors su jouer ses cartes habilement et incarner dans une période turbulente une figure rassurante. Cette fille de pasteur s'est donné pour tâche de négocier un Brexit dur avec Bruxelles, alors qu'elle avait jusque-là soutenu sans grand enthousiasme le maintien dans l'UE. En avril, des sondages flatteurs avaient convaincu cette ancienne ministre peu habituée à battre l'estrade de déclencher des élections anticipées. Or, les dernières semaines ont révélé des failles: peu à l'aise dans l'exercice, elle a évité le contact avec les gens, s'en tenant au texte préparé à l'avance de ses discours sans improviser, ou plaisanter, ou même dialoguer avec son public, laissant une image de froideur un peu mécanique. Elle s'est même dérobée à un face-à-face télévisé avec son rival travailliste, Jeremy Corbyn. Son coup de poker pourrait la conduire vers la sortie.

(L'essentiel/AFP)

Ton opinion