Thorunn: «Mon nouvel album, je l'ai vraiment senti naître»

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Thorunn: «Mon nouvel album, je l'ai vraiment senti naître»

LUXEMBOURG - Thorunn s’est rendue de nouveau en studio pour enregistrer son second album. La chanteuse le présentera jeudi au club Melusina.

«L’essentiel»: Que signifie le titre de votre album «Superfishreality»?

Thorunn: Il arrive que les gens me disent ou me fassent sentir que je suis superficielle. Cet album est une sorte de protestation contre ce que je considère être une injustice. Je ne suis pas seulement cette jeune petite fille. Je peux aussi être méchante et je fais tout ce que je veux. En plus, je déteste cette jeunesse décadente à la Paris Hilton et Lindsay Lohan. Avoir 500 euros et acheter le plus cher du cher… Le Luxembourg, il est aussi comme ça.

Quoi d’autre vous a tourmentée sur votre album?

Je parle de sexe, du respect de l’autre et l’album contient aussi une critique contre les gens qui ont tendance à vouloir diriger les autres. Mon album est très dynamique, ironique, avec plein d’humour et très personnel. Mon style, c’est un mélange entre folk, pop et rock. J’ai travaillé huit mois sur mon album, la plupart du temps pendant les week-ends à Stockholm avec le producteur Erik Berholm avec qui j’ai aussi écrit les chansons. Nous avons fait l’enregistrement live pendant dix jours fin février. Je voulais que ce soit très authentique. Avec Erik, c’était un mariage musical parfait.

Vous signez votre album «Thorunn & the woggiebears». Qui sont les «woggiebears»?

Ce sont les musiciens avec qui j’ai travaillé et aussi, entre autres, les graphistes. Toutes les bonnes âmes qui m’ont aidée à me retrouver et à faire cet album.

Que ressentez-vous maintenant que vous avez l’album en main?

Mon premier album, qui est sorti en 2006, c’était comme l’adoption d’un enfant qu’on commence à aimer. Maintenant, le second, je l’ai senti naître. Je suis très fière. C’est mon bébé. Quand je suis dans la musique, c’est ma drogue. Cela me remplit.

Vous n’avez plus de manager…

Non, avec les managers, ça a été toujours négatif. Je n’ai pas besoin de quelqu’un qui me dit comment couper mes cheveux. Maintenant, je suis propriétaire de mon album et je peux le vendre à qui je veux. Je voulais prouver que j’étais capable de faire mon propre truc.

Vous présenterez jeudi votre album au club Melusina. Êtes-vous nerveuse?

J’aime beaucoup être sur scène. Mais à chaque fois, j’ai un peu peur et je suis timide. Après la troisième chanson, je commence à être à l’aise. Je viens de passer beaucoup de temps en studio, je m’y sens bien.

Vous êtes née au Luxembourg, mais votre famille vient d’Islande où vous avez vécu pendant six ans. Quelle est votre patrie?

Le Luxembourg quand je suis en Islande et vice versa. J’ai besoin d’être à l’écart. Je suis comme une plante qui a ses racines partout.

Est-ce difficile de faire de la musique au Luxembourg?

D’un côté, c’est très facile parce que tout le monde se connaît. De l’autre, il est difficile de survivre. Tous les musiciens du pays ont un job, sont prof ou chauffeur de bus. Moi, je suis journaliste-présentatrice chez RTL et j’adore mon métier. Au Luxembourg, nous avons de plus en plus de musiciens au top. J’aime beaucoup par exemple Metro, Miaow Miaow, Taxi, Sixpax…

Comment envisagez-vous votre avenir?

Je veux rester comme que je suis, avoir un jour une famille avec deux ou trois enfants, des animaux et habiter quelque part au Luxembourg. Du côté professionnel, ce serait bien si ça restait comme c’est en ce moment. Et puis, mon grand rêve est de sauver des ours panda, depuis que j’ai vu un documentaire sur ces animaux maltraités. Ils souffrent beaucoup. J’aimerais bien acheter une ferme avec des ours panda et cultiver du bambou. Mais bon, c’est un rêve. Est-ce que j’y arriverai?

Recueilli par Kerstin Smirr

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