Cinéma français – «Timbuktu» sacré «meilleur film» aux César

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Cinéma français«Timbuktu» sacré «meilleur film» aux César

Le film franco-mauritanien d'Abderrahmane Sissako, chronique de la vie quotidienne dans le nord du Mali sous la coupe des djihadistes, a triomphé vendredi à la 40e cérémonie des César.

«Timbuktu» a reçu sept prix, dont les prestigieux trophées du meilleur film et meilleur réalisateur. «La France est un pays magnifique, parce qu'elle est capable de se dresser contre l'horreur, contre la violence, l'obscurantisme», a dit Abderrahmane Sissako, en référence aux immenses manifestations dans le pays qui ont suivi les attentats des 7, 8 et 9 janvier à Paris.

«Il n'y a pas de choc des civilisations, ça n'existe pas. Il y a une rencontre des civilisations», a ajouté celui qui est devenu le premier cinéaste d'Afrique noire à recevoir le César du meilleur réalisateur. Le cinéaste a aussi tenu à remercier la France, «pays extraordinaire, ouvert aux autres» et son pays, la Mauritanie, qui «a accepté de protéger son équipe».

«Le monde a besoin de belles histoires»

Nommé à huit reprises, «Timbuktu» - qui a aussi reçu les César du scénario, du montage, du son, de la photo et de la musique -, était le grand favori de la soirée face à «Saint Laurent» de Bertrand Bonello, sur la vie du couturier français. Ce film, le plus souvent cité (dix citations), n'a remporté que le César des meilleurs costumes, éclipsé par le raz-de-marée Sissako.

Dès le début de la cérémonie au théâtre du Châtelet à Paris, son président Dany Boon avait donné le ton, en soulignant que «en ces temps troublés, nous nous devons de montrer l'exemple et de faire preuve d'ouverture d'esprit, de tolérance, de respect, de générosité et d'amour». «Le monde a bien besoin en ce moment qu'on lui raconte des histoires, de belles histoires pour que le monde continue de croire en son humanité», a-t-il ajouté.

«Les Combattants» décroche deux titres

Face à cette déferlante «Timbuktu», les autres films se sont partagé les prix restants. Pierre Niney, qui prête sa grâce fragile à Yves Saint Laurent dans le film «Yves Saint Laurent» de Jalil Lespert, autre biopic sur le couturier français, a reçu le César du meilleur acteur. Il l'a ainsi emporté sur son concurrent Gaspard Ulliel dans le film de Bertrand Bonello.

Adèle Haenel, 26 ans, a décroché le César de la meilleure actrice pour son rôle de jeune femme rebelle et impulsive se préparant à l'apocalypse dans le film «Les Combattants» de Thomas Cailley. Ce premier long-métrage d'un jeune cinéaste de 34 ans, oeuvre la plus représentée derrière «Saint Laurent» avec neuf nominations, a aussi obtenu le César du meilleur premier film et celui du meilleur espoir masculin pour son interprète Kévin Azaïs.

Une Américaine remporte un César

La comédie «La Famille Bélier» d'Eric Lartigau, très appréciée du public, a quant à elle été récompensée par le César du meilleur espoir féminin pour la comédienne et chanteuse Louane Emera, 18 ans, découverte dans le télé-crochet The Voice.

L'actrice américaine Kristen Stewart, 24 ans, est devenue vendredi la première Américaine à remporter un César, pour son second rôle dans «Sils Maria» d'Olivier Assayas. L'acteur Reda Kateb a quant à lui reçu le César du meilleur second rôle masculin pour son interprétation d'un médecin dans «Hippocrate» de Thomas Lilti.

«Mommy» récompensé

«Mommy», 5e long-métrage du jeune prodige québécois Xavier Dolan, 25 ans, a lui remporté le César du meilleur film étranger. Ce drame familial haut en couleur raconte l'histoire de Diane, mère exubérante qui hérite de la garde de son fils, un adolescent bipolaire, impulsif et violent, après son expulsion d'un centre spécialisé.

On y retrouve la «patte» de Xavier Dolan: un film au plus près de ses personnages, une mise en scène et une lumière très maîtrisées, des plans parfois tournés au ralenti, accompagnés d'une bande-son très présente, à la manière d'un clip vidéo.

(L'essentiel/AFP)

Un film au coeur de l'acutalité

«Timbuktu», éclairage sur l'extrémisme qui trouve une résonance particulière dans l'actualité, est également en course pour l'Oscar du meilleur film étranger décerné dimanche.

Célébrant la tolérance face à l'obscurantisme, le film est inspiré de faits réels: le nord du Mali est bien tombé en 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, qui en ont été chassés en grande partie par l'opération militaire «Serval», à l'initiative de la France.

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