Au Luxembourg: Toléré à la maison, le cannabis restera illégal sur les routes
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Au LuxembourgToléré à la maison, le cannabis restera illégal sur les routes

LUXEMBOURG – Bientôt légalisé, le cannabis fera toujours l'objet d'une tolérance zéro au volant.

La légalisation ne s'accompagnera pas d'une tolérance accrue envers le cannabis sur la route.

La légalisation ne s'accompagnera pas d'une tolérance accrue envers le cannabis sur la route.

Pouvoir cultiver quatre plants et fumer à la maison: avec sa nouvelle loi, le Luxembourg va faire bouger les lignes sur le cannabis. Et se prévaut déjà d’un rôle de précurseur en Europe. Mais en pratique, la légalisation suscite son lot de questions. Notamment sur les routes où le cannabis a un sérieux impact.

D’après les chiffres fournis par le ministère de la Mobilité à «L’essentiel», des traces de THC ont été retrouvées lors de 50 accidents depuis 2016, avec un record de 13 en 2021. Dans les accidents graves ou mortels , ayant impliqué des consommateurs de stupéfiants, le cannabis a été le plus souvent détecté (6 sur 8 en 2020, 13 en 2021).

Le ministère de la Justice a pris soin de préciser qu’en terme de sécurité routière la loi ne changerait pas. «Le seuil limite (1ng/mL de sérum sanguin THC) est maintenu». Le même qu’en Allemagne ou en France et Belgique. Soit l’équivalent «d’une tolérance zéro», précise le ministère. Les sanctions en cas d’infraction prévoient huit jours à trois ans de prison (et/ou) une amende de 500 à 10 000 euros, rappelle la police.

Détectable jusqu'à douze jours

Mais alors, un fumeur du samedi soir, pourra-t-il aller travailler en voiture le lundi matin? «Ce n’est pas possible d’indiquer une durée après laquelle une personne peut reprendre le volant comme chaque corps réagit différemment», insiste la police. Le Laboratoire national de santé (LNS) renvoie au consensus de la SFTA (Société française de toxicologie analytique) de 2013, pour expliquer que cela dépend «de l’ancienneté, de la régularité et de l’importance de la consommation». La détectabilité est comprise entre trois et douze heures pour les consommateurs occasionnels et peut aller jusqu’à douze jours pour des consommations importantes et régulières».

«A l’instar d’aujourd’hui, des contrôles réguliers seront ordonnées par le parquet et en cas de signes manifestes la police pourra ordonner une prise de sang», rassure le ministère de la Mobilité qui ne prévoit «aucun impact majeur de la nouvelle loi pour la sécurité routière, car la conduite sous l’influence de drogues est interdite et le restera». La police utilise différents modes de détection.

Le Code de la route prévoit que «s'ils constatent plusieurs signes extérieurs, les membres de la police soumettent le conducteur à un examen de la sueur ou de la salive». S'il s'avère positif «cet état est déterminé par une prise de sang et par une prise d’urine». Restent ces traces de THC potentiellement détectables, au-delà de la période où les effets s'en font sentir. Et qui peuvent peser lourd en cas d’accident (assurances...).

Les fumeurs en transport en commun

Le cannabis toléré à la maison mais toujours traqué en voiture... «Pour moi, s'il y a une incohérence, elle est liée à l’exception faite pour l’alcool où existe une tolérance», estime Paul Hammelmann, le président de la Sécurité routière, satisfait que les règles ne changent pas pour le cannabis. Et quand bien même il y aurait une contradiction, Paul Hammelmann rappelle «qu'il en va de vies humaines», appelant un fumeur, potentiellement au delà du seuil, à adapter son quotidien en veillant à «ne pas se déplacer ou à emprunter les transports en commun».

(Nicolas Martin)

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