Luxembourg/France: «Tous les jours, on est debout dans les trains comme du bétail»

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Luxembourg/France«Tous les jours, on est debout dans les trains comme du bétail»

LUXEMBOURG/METZ – Les usagers des TER crient leur ras-le-bol face aux retards et autres problèmes techniques quasi quotidiens, notamment liés aux travaux de la SNCF.

par
Nicolas Martin

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«À Bettembourg, j’ai pu monter dans un train après en avoir laissé passer cinq…», raconte un passager. «2h45 pour faire Luxembourg-Metz entre les retards, les changements de voie, de train. C’est inadmissible ce que vous faites endurer chaque jour aux frontaliers depuis des mois!», lâche une autre. Mardi soir, un problème d'infrastructure à Luxembourg et un autre d'alimentation électrique à Thionville ont transformé le trajet des TER Luxembourg-Metz en calvaire et déclenché une vague de colère parmi les usagers excédés. Et mercredi soir, rebelote suite à une panne de passage à niveau en France.

«Mardi, j'ai quitté le travail à 16h45 pour éviter la galère. Je suis arrivée chez moi, à Metz, à 19h30», raconte Léa, employée d'une entreprise informatique, près de la gare à Luxembourg. Pour la jeune femme, la situation est devenue explosive. «Les retards sont quotidiens. Il n'y a pas une semaine où je n'assiste pas à des accrochages entre passagers ou avec les contrôleurs pour entrer dans les rames. Le plus souvent, c'est verbal mais des fois, c'est aussi physique. Les gens se sentent obligés de se précipiter dans le train. Ils deviennent fous. En plus, la communication n'est pas bonne. Même les contrôleurs ne comprennent pas».

La Messine a même décidé de ne plus payer ses 100 euros d'abonnement mensuel. «J'ai arrêté en novembre et je ne suis pas la seule. Depuis, je n'ai été contrôlée qu'une fois», dit-elle, soulignant que les contrôles sont impossibles dans des trains bondés. Et pour beaucoup, la réduction de 50% pour trois mois consentie par la SNCF, de février à avril, ne suffit pas. «On ne veut pas 50% de ''réduc'', on veut des trains qui roulent», dénonce un usager. «Je suis prête à payer, même le prix plein, mais pas pour ce service. On est debout comme du bétail. Les gens courent, se poussent pour entrer dans les rames», abonde Léa. Certains passagers réclament désormais le droit de monter aussi dans les TGV, quitte à se l'arroger.

«Hier c'était le chaos», décrit Léa et «les gens n'arrivent plus à prendre du recul pour se dire que ces travaux amélioreront les choses pour l'avenir. Les parents n'arrivent plus à aller chercher leurs enfants le soir. Et on nous explique qu'en 2030, il y aura encore plus de frontaliers», regrette la Française qui appelle à des avancées sur le dossier du télétravail. «Car en voiture, ce n'est pas mieux, la route est saturée de 6h à 10h. Je peux comprendre que des gens se découragent et quittent leur emploi».

Mercredi soir, la circulation a encore été perturbée entre Luxembourg et Thionville à partir de 16h30 et jusqu'en début de soirée.

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Les CFL n'accablent pas la SNCF

Impactés par les chantiers côté français, les CFL disent comprendre «entièrement la nécessité de procéder à des travaux de modernisation et d’extension du réseau pour continuer à promouvoir l’offre ferroviaire. En ce sens, nous ne prévoyons pas de demander une indemnisation à la SNCF avec laquelle nous entretenons d’excellentes relations».

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