Manifestation violente – «Tout cela ne ressemble pas au Luxembourg»

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Manifestation violente«Tout cela ne ressemble pas au Luxembourg»

LUXEMBOURG – Le grabuge lors de la manifestation de samedi a fait réagir. L’opposition demande un débat sur le sujet à la Chambre avec le Premier ministre.

Les violences commises en marge de la manifestation de samedi contre les mesures sanitaires ont provoqué la stupeur. «J’étais à l’hôtel de ville, lorsque j’ai entendu des bruits», raconte Lydie Polfer (DP), bourgmestre de la capitale. Elle a ensuite vu «une masse violente, avec des gens pleins de fureur, de haine et de rage». L’élue, aux responsabilités depuis 1982, raconte «n’avoir jamais vu cela auparavant». «Tout cela ne ressemble pas au Luxembourg», dit-elle. La bourgmestre estime que la police «était présente, tout en restant discrète. C’est ce qu’il fallait faire, car la moindre étincelle aurait pu être dramatique». Elle espère maintenant avoir «un échange avec les ministres concernés» avant le prochain rassemblement.

Le CSV a demandé à Henri Kox (Déi Gréng), ministre de la Sécurité intérieure, de s’exprimer cette semaine à la Chambre sur le sujet. «Il y a des points à élucider par rapport à la nature de cette manifestation, non autorisée. Nous voulons connaître les détails», précise Laurent Mosar. Le député et élu de la capitale, qui interviendra pour son groupe politique si le débat a lieu, estime que «les manifestations mettent en péril l’activité des forains et des commerçants, car les gens ont maintenant peur d’aller en ville».

La Marche blanche se désolidarise

Fernand Kartheiser (ADR) a aussi demandé une heure de débat à la Chambre, afin notamment de savoir «s’il n’y avait pas un manque d’effectif au sein de la police». «Le vandalisme, devant un domicile ou un monument national, est intolérable. Mais il faut souligner que l’immense majorité des manifestants étaient pacifiques». Le député s’inquiète «d’une radicalisation des deux côtés, entre ceux qui veulent toujours plus de mesures et ceux qui les dénoncent». Déi Lénk a aussi «condamné les incidents de samedi, émanant de provocateurs radicalisés, issus pour partie d’une extrême droite venue de l’étranger». Le parti de gauche «remercie la police pour son comportement favorisant la désescalade».

Le collectif Marche blanche silencieuse (MBS), qui a organisé différents rassemblements les semaines précédentes, s’est désolidarisé des violences, rappelant ne les avoir jamais tolérées. «Ce n’est qu’en restant pacifiques, solidaires et nombreux que nous pourrons vaincre la tyrannie et le néo-maccarthysme sanitaire qui s’installent sournoisement au Luxembourg», indiquent les responsables dans un communiqué.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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