Arrestations à Esch – «Tout le monde sait que les dealers trafiquent ici»

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Arrestations à Esch«Tout le monde sait que les dealers trafiquent ici»

ESCH-SUR-ALZETTE - L'opération de police spectaculaire menée mardi, contre des trafiquants de drogue, avenue de la Gare, confirme une situation devenue intenable dans le quartier.

«Une scène digne d'un film hollywoodien». Quelques minutes après l'action coup de poing menée mardi, par 130 policiers, dans l'avenue de la Gare, à Esch-sur-Alzette, Diego, 24 ans, n'en revient toujours pas. «Les snipers cagoulés étaient sur les toits avec les jumelles et tout l'attirail», raconte-t-il.

S'en sont ensuivis un bouclage du périmètre, autour des cafés situés au croisement du boulevard John F.-Kennedy, et une série d'arrestations de dealers présumés. «Au moins une dizaine», selon Diego, «plus de trente», d'après Jeff. Menottés, fouillés et déchaussés, les individus ont été embarqués manu militari, alors que les fonctionnaires procédaient à une inspection détaillée à l'intérieur des cafés et sur la petite place au bout de l'avenue.

«On a peur d'ouvrir nos cafés»

Pour les riverains présents en nombre aux alentours, l'opération n'a rien d'une surprise. Bien au contraire. «Toute la ville sait que ça trafique ici. Toutes sortes de drogues, de la cocaïne au cannabis», glisse Diego. Une place de deal en quelque sorte, au grand dam de résidents excédés. «Ils s'assoient sur nos fenêtres et font leur petit commerce. Ce petit manège dure parfois très tard dans la nuit», raconte Paolo, qui vit juste à côté.

Si l'offensive de la police a fait grand bruit, les gérants des bars dans lesquels les personnes ont été arrêtées oscillent entre dépit et colère. Eux s'estiment lésés, leurs commerces étant selon leurs propres dires pris en otages par les trafiquants. «J'ai dû passer au moins un millier d'appels aux autorités. Depuis un an et demi, c'est de pire en pire. Les dealers s'installent, je les mets dehors, puis ils reviennent en me riant au nez», explique un gérant.

Qui plus est, la situation peut parfois dégénérer sur fond de guerre de micro-territoires: «Ils se disputent la clientèle et ça finit en bagarre. Le week-end, c'est l'enfer. On a même peur d'ouvrir notre café», conclut-il.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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