Portugais tués sur la route – Trois ans avec sursis requis contre le chauffeur

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Portugais tués sur la routeTrois ans avec sursis requis contre le chauffeur

L’accident d’un bus transportant une trentaine de Portugais vivant en Suisse avait fait quatre morts en 2017 en France. Le chauffeur est jugé depuis mercredi.

Le tribunal correctionnel de Mâcon a requis mercredi trois ans de prison avec sursis contre le chauffeur du car dont l’accident en 2017 avait fait quatre morts, des touristes portugais, sur la RN 79 en Saône-et-Loire. Cette route est surnommée «la route de la mort». «C’est une accumulation de fautes personnelles du chauffeur à partir de la vitesse inadaptée en raison du verglas», a déclaré le procureur Éric Jallet à l’encontre d’Henrique Beiroto Angelo. Ce Portugais de 44 ans répond d’homicides involontaires et de blessures involontaires par conducteur de véhicule terrestre.

Le ministère public a également requis 100 000 euros d'amende contre chacune des deux personnes morales: les sociétés Angelo Taxi et Rota das Gravuras, propriétaire du bus et compagnie de transports. Elles sont poursuivies pour homicides et blessures involontaires par personnes morales. Le procureur a pointé du doigt des «fautes professionnelles des personnes morales à partir du mauvais entretien du bus et de la remorque».

Juste avant l’accident, le véhicule roulait à près de 90 km/h, une vitesse jugée excessive en raison du verglas en ce début janvier. Peu auparavant, le véhicule roulait à 101 km/h, selon les rapports d’experts. Les analyses ont également mis en avant le poids de la remorque à bagages, qui aurait ralenti le freinage, ainsi que le surgonflage des pneus.

L’avocat du chauffeur a quant à lui plaidé la relaxe. «Jamais le chauffeur n’a eu d’accident et jamais ses qualités professionnelles n’ont été mises en cause. Dans ce dossier tragique, seul le verglas est à l’origine de l’accident et en est la cause», a assuré Me Albano Cunha. Il défend également Narciso Angelo, le père du chauffeur et représentant légal des deux personnes morales. Le jugement a été mis en délibéré au 25 novembre. Les deux prévenus n’étaient pas présents au procès.

«Route de la mort»

Le 8 janvier 2017, 32 Portugais vivant en Suisse, qui rentraient de vacances au Portugal, se trouvaient dans ce car d’une quarantaine de places en route pour Romont (France) quand il est sorti de la route. L’accident, qui n’a impliqué aucun autre véhicule, était survenu vers 04h30 peu avant le viaduc de Charolles, entre Paray-le-Monial et Mâcon, à un endroit où la chaussée était glissante et en légère descente. Le drame, qui avait également fait 28 blessés dont trois graves, avait suscité un vif émoi. Cet accident s’est ajouté à des accidents similaires sur cette route nationale 79, un tronçon de la RCEA (Route Centre Europe et Atlantique) qui traverse la France d’est en ouest.

Cet axe particulièrement dangereux lui a valu le surnom de «route de la mort». Elle avait déjà coûté la vie à douze Portugais le 29 mars 2016: ils venaient de Suisse et avaient été tués dans la collision de leur fourgon, transformé en minibus, et d’un poids lourd, sur cette même nationale, mais dans l’Allier. Plus d’un milliard d’euros ont été engagés par l’État pour aménager et sécuriser cette portion de la RCEA.

(L'essentiel/afp)

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