Dans le monde: Trois humains sur quatre, de plus de 10 ans, ont un téléphone portable

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Dans le mondeTrois humains sur quatre, de plus de 10 ans, ont un téléphone portable

L’ONU a évoqué, mercredi, l’accès à internet à travers le monde, notamment via les mobiles. Près d’un tiers de la population mondiale n’y a pas encore accès.

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Près des trois quarts des humains âgés de plus de 10 ans ont, en 2022, un téléphone portable facilitant l’accès à internet, et près d’un tiers de la population mondiale est encore privé de ce réseau international, a indiqué l’ONU mercredi. «Les téléphones portables sont la passerelle la plus commune vers internet et le taux de propriété sert d’indicateur de la disponibilité et de l’accès à internet», écrit l’Union internationale des télécommunications (UIT) dans son rapport annuel sur la connectivité mondiale.

Pour autant, tous les propriétaires de portables n’ont pas accès à internet, en particulier dans les pays à faible revenu, où le haut débit reste souvent trop cher.  Selon les chiffres collectés par l’UIT, 95% des personnes dans les pays riches ont un portable quand dans les pays défavorisés le taux de pénétration chute à 49%.

«Ténèbres numériques»

L’accès à internet progresse mais moins vite, après le bond enregistré pendant la pandémie de Covid et ses confinements qui ont forcé des centaines de millions de personnes à travailler ou étudier en ligne. Aujourd’hui, on estime que 5,3 milliards de personnes, soit 66% de la population mondiale, utilisent internet. La quasi-totalité de ceux qui n’y sont pas connectés se trouve dans les pays les plus pauvres.

Ce pourcentage n’a cessé d’augmenter ces dernières années et a connu une forte «bosse» en 2020, a expliqué à l’AFP l’économiste principal de l’UIT, Thierry Geiger. Mais il reste encore du chemin à parcourir, parce que «trop de gens vivent encore dans les ténèbres numériques», a déclaré Doreen Bogdan-Martin qui, début 2023, deviendra la première femme à diriger cette agence. «L’accès à internet s’accroît, mais pas aussi rapidement et uniformément dans le monde qu’il le faudrait», a-t-elle ajouté, dans un communiqué sur le rapport.

Le coût

Une mesure de référence de l’accès à internet est le prix médian des services mobiles à large bande, souvent moins onéreux que les accès fixes. Ces prix médians sont passés de 1,9% du revenu national brut par habitant à 1,5% en 2022. Mais le coût reste encore trop élevé pour un grand nombre de consommateurs dans les pays à faible revenu où un forfait de base de données mobile coûte 9% du revenu moyen.

C’est bien plus que le pourcentage payé dans les pays riches pour des services similaires, selon l’UIT, qui a appelé tous les pays à garantir un accès haut débit abordable, qu’elle définit comme coûtant moins de 2% du revenu national brut mensuel par habitant. «Nous devons maintenir l’accessibilité de l’internet alors même que la récession mondiale grève les perspectives économiques de nombreux pays», a déclaré le chef sortant de l’UIT, Houlin Zhao, dans le communiqué.

«La nourriture prévaut toujours»

Thierry Geiger souligne que même si le coût de la connectivité semble poursuivre sa baisse, la hausse des prix de produits de première nécessité pourrait forcer de nombreuses personnes à se déconnecter. Même si l’accès à internet est de plus en plus considéré comme un service essentiel, «la nourriture prévaut toujours», a-t-il déclaré. Il faudra attendre l’année prochaine pour voir les éventuels effets de la crise actuelle.

La fracture numérique persistante entre riches et pauvres et aussi une fracture entre genres. Si les femmes représentent environ la moitié de la population mondiale, elles sont quelque 259 millions de moins que les hommes à avoir accès à internet et seulement 63% des femmes vont en ligne contre 69% des hommes, indique le rapport.

(AFP)

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