Référendum au Luxembourg – Trois questions, de multiples enjeux

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Référendum au LuxembourgTrois questions, de multiples enjeux

LUXEMBOURG - Les Luxembourgeois sont appelés aux urnes ce dimanche pour le référendum. Un scrutin qui revêt de multiples enjeux...

Pour la première fois, trois questions sont posées aux Luxembourgeois.

Pour la première fois, trois questions sont posées aux Luxembourgeois.

Editpress

Les Luxembourgeois auront trois questions face à eux dimanche. Les électeurs du pays seront amenés à donner leur avis sur l’ouverture du droit de vote aux étrangers, sur l’ouverture du droit de vote à partir de 16 ans et sur la limitation à dix ans des mandats ministériels. Le référendum n’est que consultatif, c’est-à-dire que le législateur ne sera pas formellement obligé de suivre l’avis des électeurs. Mais la majorité, qui a voulu ce scrutin et appelle à voter «oui» aux trois questions, devrait se rallier au résultat du vote.

C’est la thématique du droit de vote des étrangers qui a suscité le plus de débats dans le pays. Rappelons qu’il ne serait ouvert qu’aux personnes résidant au Grand-Duché depuis au moins dix ans et ayant participé à au moins une élection locale. Mais le vote, obligatoire pour les Luxembourgeois, ne le serait pas pour les étrangers. Tout comme le vote à 16 ans, qui serait lui-aussi facultatif.

Au départ, le gouvernement avait prévu quatre questions. La dernière, sur le maintien du paiement par l’État des salaires aux officiers des cultes, a finalement été retirée en janvier. Le gouvernement et les représentants des différentes religions avaient trouvé un accord, prévoyant notamment une diminution des dotations publiques.

Trois référendums en près d'un siècle

Le Luxembourg n’est pas véritablement habitué aux référendums. Il ne s’agit que du quatrième de l’histoire du pays, le premier ayant eu lieu le 28 septembre 1919. Ce jour-là, les Luxembourgeois étaient appelés à se prononcer sur deux questions: le maintien de la monarchie (voté à 80%) et l’union monétaire. Le peuple avait choisi à 73% d’adopter la monnaie de la France plutôt que celle de la Belgique. Mais la France avait ensuite refusé l’union avec le Luxembourg, obligeant ce dernier à se tourner quand même vers le voisin de l’ouest.

Le 6 juin 1937, alors que les premiers succès électoraux du Parti communiste inquiétaient les milieux d’affaires, le gouvernement a présenté une loi interdisant le parti d’obédience marxiste. Ses soutiens, notamment les syndicats, avaient fait pression pour soumettre la question à référendum. Finalement, le projet du gouvernement a été rejeté par 50,67% des citoyens. Enfin, le 10 juillet 2005, 56,62% des Luxembourgeois validaient le traité constitutionnel européen, refusé quelques semaines plus tôt par les Français puis par les Néerlandais par référendum.

C’est donc la première fois que trois questions sont posées simultanément. Ce ne sera pas le dernier référendum sous l’actuelle majorité, puisque le programme de la coalition prévoit un autre scrutin pour valider la future constitution. Il devrait intervenir en 2017. La modification de la constitution est en effet indispensable pour autoriser le droit de vote des étrangers, s’il est accepté par les électeurs. Cette réforme de la Constitution englobera d’autres domaines. Il sera ainsi question de limiter les pouvoirs du Grand-Duc et de conventionner les cultes...

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

Les partis divisés

Les trois partis de la coalition (DP, LSAP et Déi Gréng) se prononcent en faveur des trois questions posées, tout comme le parti de l’opposition de gauche, déi Lénk.

De leur côté, les partis conservateurs comme le CSV et l’ADR se positionnent très clairement contre les trois propositions faites aux citoyens.

Le parti des Pirates dénote dans le paysage. Il se prononce clairement en faveur de plus de participation démocratique, tant pour les étrangers que pour les mineurs, mais contre la limitation des mandats ministériels à dix ans consécutifs.

Les horaires de vote

Dimanche, les électeurs pourront se déplacer dans leur bureau de vote habituel, à quelques rares exceptions. Pour glisser son bulletin dans l’urne, il faudra s’y rendre entre 8h et 14 h. Les premiers résultats tomberont vers 19h. Ils seront à suivre en temps réel sur le site Internet de L'essentiel.

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