A Paris – Trois skinheads tuent un militant de gauche

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À ParisTrois skinheads tuent un militant de gauche

Des extrémistes de droite ont frappé à mort un jeune militant d'extrême gauche, à Paris, mercredi. Les agresseurs courent toujours.

Clément a été sauvagement agressé. (Capture d'écran)

Clément a été sauvagement agressé. (Capture d'écran)

Un jeune homme de 19 ans, présenté comme un militant d'extrême gauche, a été mortellement agressé mercredi soir dans un quartier très animé de Paris. Les auteurs présumés de l'agression, trois skinheads, ont réussi à prendre la fuite. La victime «a été frappée par l'un des skins qui avait un poing américain et a heurté un plot en chutant sur la chaussée», selon les premiers éléments de l'enquête policière.

Le jeune homme prénommé Clément «se trouve en état de mort cérébrale» a-t-on précisé de même source. Son agression aurait une «connotation politique». «Violemment frappé au sol par un groupe de plusieurs militants d'extrême droite, manifestement du Groupe JNR (Jeune nationaliste révolutionnaire), laissé inanimé», le militant «a été déclaré ce soir en état de mort cérébrale à l'hôpital (de la Pitié) Salpêtrière», a indiqué le Parti de Gauche (extrême gauche française). Le leader des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) a démenti jeudi toute implication de son groupe.

Appel à la dissolution des groupes d'extrême droite

Selon une source policière, une vente privée de vêtements était organisée mercredi dans le quartier de la gare Saint-Lazare, au centre de Paris. Vers 18h, trois jeunes gens «de type skinhead», dont une femme, sont arrivés dans les lieux et il y a eu invectives, bousculades et échanges de mots entre eux et un autre groupe de jeunes.

Rejoints par «des renforts», les skinheads ont ensuite attendu ces derniers devant le magasin. Après des échanges «très houleux», l'un des skins a frappé le jeune Clément. Les auteurs de l'agression n'avaient toujours pas été interpellés peu avant 1h.

Dans un communiqué publié dans la soirée, le Parti de Gauche dénonce la «lâche agression» du militant «connu pour son engagement contre l'extrême droite». Il «exige la dissolution des groupes d'extrême droite qui multiplient les actes de violence à Paris et à travers le pays depuis plusieurs semaines».

Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a de son côté souhaité que «la police et la justice parviennent à identifier rapidement les coupables».

(L'essentiel Online/AFP)

Manuel Valls déterminé

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a dit jeudi sa «totale détermination à éradiquer cette violence qui porte la marque de l'extrême droite et met gravement en danger notre pacte républicain», après la violente agression la veille, à Paris, d'un militant d'extrême gauche qui est dans un état désespéré.

«Manuel Valls souhaite que les investigations, menées par les policiers du 1er district de police judiciaire sous l'autorité du procureur de la République, permettent d'interpeller dans les meilleurs délais les responsables de ces faits intolérables, afin qu'ils répondent de leurs actes devant la justice», selon un communiqué.

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