Au Luxembourg – «Trop de victimes gardent le silence car il est trop tard»
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Au Luxembourg«Trop de victimes gardent le silence car il est trop tard»

LUXEMBOURG - Une pétition réclamant plus de sévérité contre les crimes et délits à caractère sexuel a dépassé les 4 500 signatures et fera donc l'objet d'un débat public.

La pétition vise à mieux aider et protéger les victimes de crimes et délits sexuels.

La pétition vise à mieux aider et protéger les victimes de crimes et délits sexuels.

Mieux protéger les victimes, qu'il s'agisse d'enfants, de jeunes ou d'adultes. C'est l'objectif d'une pétition réclamant une adaptation du code pénal sur les infractions à caractère sexuel. La pétition vient de dépasser la barre des 4 500 signatures et sera donc au cœur d'un débat public à la Chambre, avec les députés et ministres concernés. La pétitionnaire pense «aux conséquences psychologiques et traumatiques à long terme sur la santé des victimes».

Pour elle, il faut notamment «élargir la notion de viol». En effet, «une victime paralysée par la peur, en état de choc, endormie, sous l'influence de drogue ou d'alcool et qui n'est pas plus en mesure de prendre des décisions conscientes» est, selon la loi, victime d'abus sexuel et non de viol. «Cette différence doit être revue afin de mieux protéger et accompagner les victimes», selon l'auteure de la pétition.

«Beaucoup de force»

Celle-ci réclame également des peines plus lourdes, les sanctions actuelles risquant de traumatiser une nouvelle fois la victime. Un allongement des délais de prescription est aussi exigé. «Trop de victimes gardent le silence parce qu'il est trop tard, ou parce qu'elles sont convaincues que l'auteur ne sera pas ou peu sanctionné. Elles ont besoin de beaucoup de force et de soutien pour entamer le processus de mise en accusation». Ce qui peut prendre parfois du temps, au-delà du délai de prescription.

Enfin, la pétition, qui précise qu'une personne sur cinq sera victime d'abus au cours de sa vie, s'étonne des «condamnations avec sursis pour les délinquants sexuels qui choquent les victimes et leur donnent le sentiment qu'il n'y a aucun intérêt à riposter».

Certaines des revendications de cette pétition rencontrent les ambitions d'un projet de loi présenté il y a quelques jours par la ministre de la Justice, Sam Tanson. Le texte entend notamment améliorer la protection des mineurs en rallongeant, voire supprimant, les délais de prescription et en alourdissant les peines possibles.

(L'essentiel)

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