Patrimoine architectural – Trop peu de bâtiments protégés à Luxembourg?

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Patrimoine architecturalTrop peu de bâtiments protégés à Luxembourg?

LUXEMBOURG - La section du LSAP de Luxembourg-Ville a lancé lundi un site Internet destiné à faire un inventaire du patrimoine architectural de la capitale. Une initiative qui sonne comme une critique de la gestion de la ville.

Les propositions des citoyens sont recensées sur une carte.

Les propositions des citoyens sont recensées sur une carte.

Capture d'écran protegeons.lu

Depuis lundi, les résidents du Luxembourg peuvent participer à l'élaboration d'un inventaire des bâtiments de la capitale qui devraient, selon eux, être protégés. Derrière cette initiative se cache la section du LSAP de la Ville de Luxembourg, qui a lancé lundi le site Internet www.protegeons.lu. Via ce projet, le parti d'opposition de la capitale souhaite lancer une discussion autour de la gestion du patrimoine architectural de Luxembourg-Ville.

Selon Franz Fayot, président des «Stater Sozialisten», la politique de la ville en matière de protection du patrimoine est «incohérente». «Il n'y a pas de volonté de protection, dit-il». Il dénonce un plan d'aménagement général trop flou et trop peu protecteur: «Le degré de protection est faible, estime-t-il. Il est toujours possible de démolir un bâtiment situé en secteur protégé ou en zone sensible. Il suffit pour cela d’un agrément du collège des bourgmestres et échevins».

Manque de concertation?

Pas de volonté de protection, «ni de volonté d'impliquer les citoyens», déplore-t-on encore du côté des «Stater Sozialisten».
En cause, selon M. Fayot, le prochain plan d'aménagement général de la ville, qui sera soumis au Conseil communal en automne 2015. Selon lui, le Service des sites et monuments et la Ville de Luxembourg préparent sans concertation extérieure un nouvel inventaire, «ce qui est inacceptable car cela concerne tous les citoyens».

Un reproche que la bourgmestre Lydie Polfer (DP) balaye d'un revers de main: «La Ville de Luxembourg a organisé des réunions de quartier dans le cadre de la modification du PAG afin d’impliquer les citoyens, elle s’est concertée (...) avec d’autres experts externes. La Ville a également tenu compte de diverses demandes des citoyens qui ont entraîné des mesures de protection spécifiques».

De plus, la bourgmestre fait remarquer que «la quasi-totalité des bâtiments actuellement répertoriés sur le nouveau site Internet sont déjà protégés par le plan d’aménagement général». Une liste qui va tout de même pouvoir s'allonger, si la sauce prend du côté des citoyens.

(Juliette Devaux/L'essentiel)

Des critères plutôt vagues

Pour voir un bâtiment repris dans l'inventaire du LSAP, il faut qu'il soit validé. Un comité informel de 4 à 5 personnes, architectes et experts, approuve les demandes en fonction de l'époque et de la typicité du bâtiment, mais aucun critère strict n'a été retenu. «L'inventaire n'a pas de prétention scientifique. C'est un inventaire citoyen», rappelle Franz Fayot.

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