Manifestation à Luxembourg – «Trouver l'équilibre entre liberté et démocratie»

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Manifestation à Luxembourg«Trouver l'équilibre entre liberté et démocratie»

LUXEMBOURG - Le ministre de la Sécurité intérieure Henri Kox revient sur la manifestation de samedi dernier et sur les moyens mis en place pour éviter de nouveaux incidents.

«Nous prenons nos responsabilités pour mieux encadrer les manifestations», assure Henri Kox.

«Nous prenons nos responsabilités pour mieux encadrer les manifestations», assure Henri Kox.

L'essentiel: Les débordements du week-end dernier étaient-ils évitables ou prévisibles?

Henri Kox: Ce n’était pas à prévoir car tout s’est organisé par des réseaux auxquels nous n’avions pas directement accès. Il y a eu une analyse des risques qui a dit qu’il fallait augmenter les effectifs, ce qui a été fait. On est toujours plus conscients après, c’est pourquoi nous avons maintenant réagi. Nous prenons nos responsabilités pour mieux encadrer les manifestations. C’est une liberté d’expression inscrite dans la Constitution. De l’autre côté, la police grand-ducale doit garantir la liberté des autres qui veulent s’amuser ou faire des achats à Luxembourg.

Que faut-il en retenir?

Nous faisons un appel à tous ceux qui se sont associés à cette manifestation qui n’était pas autorisée pour leur rappeler les valeurs de la démocratie. Le problème n’est pas lié à la police mais à la manifestation qui s’est mise en place et n’était pas prévisible.

La police a dénombré 2 000 personnes samedi dernier, les organisateurs et observateurs ont évoqué bien davantage, comment se fait l’évaluation?

C’est difficile à évaluer. À l’étranger aussi il y a toujours une différence. Les organisateurs disent qu’il y en a 10 000, la police dit peut-être autre chose. Ce qui est vrai, c’est qu’il y avait plus de monde que prévu. Car les manifestations autorisées devaient en principe réunir quelques dizaines de personnes. Il n’y a pas un comptage exact. On ne met pas des gens pour cela. Et je crois que ce n’est pas là qu’il faut chercher. Il faut avoir une autre analyse des faits qui se sont passés et savoir comment s’assurer à l’avenir qu’ils n’arrivent plus. C’est ma responsabilité. Utiliser tous les moyens que les lois me permettent de donner à la police pour que cela ne puisse plus arriver de cette manière. C’est pourquoi on a augmenté massivement les effectifs, avec aussi des renforts de l’étranger, pour garantir la sécurité des autres.

Comment fonctionnent les contrôles d’identité?

L’article 5 (NDLR: de la loi sur la police grand-ducale de juillet 2018) prévoit en cas de danger grave, concret et imminent que la police peut arrêter une personne qui trouble l’ordre public. S’il y a un danger, une garde à vue de six heures est possible. La police fait le constat, un rapport, et ce sont les autorités juridiques qui décident des suites. On donne le moyen de faire un contrôle d’identité pour éviter un déroulement incontrôlable, mais avec équilibre, car la libre circulation est garantie à chaque citoyen au Luxembourg. Cet équilibre doit guider l’action de la police. Un équilibre entre liberté et démocratie que nous avons mis en place pendant 200 ans et qui ne doit pas maintenant être mis de côté.

(Recueilli par Nicolas Martin/L'essentiel)

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