Témoignage – «Trump nous rend la vie dure au Luxembourg»
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Témoignage«Trump nous rend la vie dure au Luxembourg»

LUXEMBOURG - Will Bakker, membre du parti démocrate expatrié au Grand-Duché, livre ses impressions, à quelques heures des élections présidentielles américaines.

Will Bakker (à droite) et son ami Tim Lone militent pour le parti démocrate.

Will Bakker (à droite) et son ami Tim Lone militent pour le parti démocrate.

«Très positif, mais également anxieux», Will Bakker retient son souffle à quelques heures de «l'élection présidentielle américaine la plus importante de toute une génération». Ce démocrate convaincu, qui habite depuis une vingtaine d'années au Grand-Duché, sait l'enjeu ô combien fondamental de l'affrontement Joe Biden/Donald Trump. Il sait également qu'il n'est pas le plus impartial, en tant que «regional vice chair» du parti démocrate pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. Mais il s'est tout de même prêté au jeu de l'analyse pour L'essentiel.

«C'est le choix entre un candidat normal qui offre des solutions concrètes, Joe Biden, et un homme qui ne jure que par lui même et qui promet de s'occuper de tout, Donald Trump», résume-t-il. Pour la plupart des Américains du Luxembourg, Trump représente «le pire de l'Amérique». «À l'époque de George W. Bush, certains préféraient dire qu'ils étaient Canadiens. Avec Trump, c'est un autre niveau de gêne encore. Il nous rend la vie difficile au Luxembourg».

«Donald Trump peut encore gagner»

En causes, ses frasques et autres déclarations «ridicules» sur les réseaux sociaux, mais également sa politique: «Que puis-je dire à un ami Iranien qui n'a jamais été un criminel et qui n'a plus le droit de se rendre aux États-Unis?». On l'aura compris, Will veut éviter à tout prix une réélection de Donald Trump. Constat rassurant pour lui, le président actuel est dépassé dans presque tous les sondages...

Et pourtant, «il peut gagner», craint Will. «D'abord parce que les sondages de 2016 nous ont réservé de mauvaises surprises. Aussi car je crains que les votes ne soient manipulés par certains citoyens puissants sur le territoire américain». Aucune garantie de victoire donc, mais un sentiment qui se confirme: «Les citoyens s'engagent comme ils ne l'ont jamais fait auparavant». Comme des millions d'Américains expatriés, Will a déjà envoyé son vote par correspondance. «Je l'ai fait en septembre!», glisse-t-il. Dans la nuit de mardi à mercredi, il restera éveillé aux côtés de ses camarades démocrates via une «fête en ligne» sur Zoom, qu'ils espèrent tous victorieuse. Après quatre longues années d'attente...

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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