Etats-Unis – Trump prêt à laisser son empire à ses fils

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États-UnisTrump prêt à laisser son empire à ses fils

Accusé de conflits d'intérêts, le président élu des États-Unis promet d'abandonner à ses fils et de hauts responsables la gestion de son empire immobilier.

US President-elect Donald Trump arrives at the New York Hilton Midtown in New York on November 8, 2016. 
Trump stunned America and the world Wednesday, riding a wave of populist resentment to defeat Hillary Clinton in the race to become the 45th president of the United States. / AFP PHOTO / SAUL LOEB

US President-elect Donald Trump arrives at the New York Hilton Midtown in New York on November 8, 2016.
Trump stunned America and the world Wednesday, riding a wave of populist resentment to defeat Hillary Clinton in the race to become the 45th president of the United States. / AFP PHOTO / SAUL LOEB

AFP/Saul Loeb

«Même si la loi ne m'y oblige pas, je vais abandonner mes affaires avant le 20 janvier pour pouvoir me concentrer sur la présidence. Deux de mes enfants, Don et Eric, plus des cadres, les dirigeront. Aucun nouveau contrat ne sera passé durant mon (mes) mandat(s)», a tweeté tard lundi le futur président américain. Les accusations de conflits d'intérêt pour le premier milliardaire à accéder à la Maison Blanche se sont multipliées depuis son élection. D'autant que sa société, la Trump Organization, est une nébuleuse non cotée en bourse, avec des activités dans 20 pays, de l'Écosse aux Émirats arabes unis, de l'hôtellerie au mannequinat en passant par clubs de golf et gratte-ciels résidentiels.

La société ne donne aucun chiffre, et faute de déclarations d'impôts que le milliardaire a toujours refusé de publier, les données sont rares: selon PrivCo, spécialisée dans l'information sur les sociétés non cotées, la Trump Organization employait plus de 22 000 personnes pour un chiffre d'affaires de 9,5 milliards de dollars en 2014. Le flou est tel que l'évaluation même de la fortune de M. Trump est controversée: lui-même revendique 10 milliards, Forbes 3,7 et Bloomberg l'évaluait à 2,9 milliards en 2015.

Risques de conflits d'intérêt

Le modèle économique est clair néanmoins, témoin du sens du marketing de l'homme d'affaires: loin des grands investissement des années 80, sa société se développe aujourd'hui avant tout dans une activité de licence de son nom sur des projets qui ne lui appartiennent pas. Un exemple: la Trump Tower de Manille, un luxueux gratte-ciel de 57 étages actuellement en construction. Bien que non propriétaire, Trump a déjà reçu quelque cinq millions de dollars pour que la tour soit à son nom, selon CBS. Au fil des ans, Donald Trump a aussi contracté de multiples prêts auprès de créanciers souvent difficiles à identifier, faisant craindre qu'ils puissent eux aussi influer sur le prochain président.

Autour du président Trump, on trouve d'abord ses trois enfants, Donald Jr., Eric et Ivanka, tous vice-présidents de la société. Si les derniers tweets semblent écarter Ivanka de la gestion à l'avenir, c'est parce qu'elle et son influent mari, Jared Kushner, devraient conseiller Donald Trump à la Maison Blanche, selon certains médias américains. Les autres responsables de la Trump Organization ont gagné leurs galons par leur dévouement au milliardaire. Matthew Calamari, chef des opérations, débuta ainsi en 1981 comme simple agent de sécurité. Fidélité aussi pour Allen Weisselberg, discret directeur financier du groupe, qui travailla pour le père de Donald Trump. Mais même en confiant les rênes de l'entreprise à ses fils et en s'abstenant de nouveaux contrats, les multiples conflits d'intérêt liés aux activités existantes resteront, estime Robert Weissman, président de Public Citizen, une ONG qui prône la transparence en politique.

(L'essentiel/AFP)

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