Energie en Europe – Turmes dénonce une «provocation» de Bruxelles

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Énergie en EuropeTurmes dénonce une «provocation» de Bruxelles

LUXEMBOURG/BRUXELLES - La Commission européenne dévoile un projet de labellisation verte pour les centrales nucléaires et à gaz, que conteste le Luxembourg.

«La Commission européenne veut-elle sérieusement motiver les citoyens à protéger davantage le climat en cette nouvelle année avec le nucléaire et le gaz?», s'est offusqué Claude Turmes.

«La Commission européenne veut-elle sérieusement motiver les citoyens à protéger davantage le climat en cette nouvelle année avec le nucléaire et le gaz?», s'est offusqué Claude Turmes.

Editpress/AFP

Bruxelles a dévoilé un projet de labellisation verte très attendu pour les centrales nucléaires et à gaz, qui vise à faciliter le financement d'installations contribuant à lutter contre le changement climatique. La proposition de texte, débattue depuis des mois et encore provisoire, a été envoyée aux États membres le 31 décembre, peu avant minuit, d'après plusieurs sources contactées par l'AFP. La Commission «a commencé des consultations hier (vendredi) sur un projet de texte» permettant d'inclure «certaines activités de gaz et de nucléaire» dans sa taxonomie verte, a confirmé l'exécutif européen dans un communiqué.

Le document fixe les critères permettant de classer comme «durables» les investissements dans les centrales nucléaires ou à gaz pour la production d'électricité, avec pour objectif d'orienter les investissements privés vers les activités contribuant à la réduction des gaz à effet de serre. Le projet s'inscrit dans l'objectif de neutralité carbone de l'UE en 2050. Mais des écologistes s'opposent à la reconnaissance des centrales à gaz (qui émettent du CO2) et du nucléaire, en raison de la production de déchets radioactifs. Et un petit groupe de pays, dont l'Autriche et le Luxembourg, mené par l'Allemagne, a bataillé pour exclure l'atome.

«Un risque de greenwashing du nucléaire»

Le projet de la Commission d'inclure le gaz et le nucléaire dans la taxonomie est «une provocation», a réagi ce samedi Claude Turmes, le ministre Déi Gréng de l'Énergie, sur Twitter. «La Commission européenne veut-elle sérieusement motiver les citoyens à protéger davantage le climat en cette nouvelle année avec le nucléaire et le gaz?, s'est-il offusqué. La proposition comporte le risque d'un greenwashing de la technologie nucléaire à risque». Le ministre indique qu'il va désormais examiner le projet en détail avec Carole Dieschbourg, la ministre Déi Gréng de l'Environnement et les homologues allemand et autrichien de cette dernière. «Nous allons discuter des prochaines étapes à suivre», ajoute-t-il.

Steffi Lemke, la ministre allemande de l'Environnement, a d'ailleurs dénoncé de son côté une «erreur» auprès du groupe de médias Funke. La technologie nucléaire «qui peut entraîner des catastrophes environnementales dévastatrices - en cas d'accidents graves - et (...) laisse derrière elle de grandes quantités de déchets hautement radioactifs et dangereux, ne peut pas être durable», a-t-elle déclaré. Mais les pro-gaz comme les pro-nucléaire font valoir que les énergies renouvelables (éolien, solaire...), déjà labellisées par la Commission, souffrent de production intermittente et ne permettront pas, à elles seules, de répondre aux besoins en électricité.

La France, qui veut relancer sa filière nucléaire - source d'électricité stable et décarbonée - et des pays d'Europe centrale, comme la Pologne ou la République tchèque, qui doivent remplacer leurs centrales à charbon très polluantes, réclamaient un tel texte. Faire partie de cette classification permet une réduction des coûts de financement, cruciale pour les projets concernés et les États voulant les soutenir.

Le texte final attendu mi-janvier

Les États membres et des experts consultés par la Commission ont désormais environ deux semaines pour réclamer des modifications à ce document. La publication du texte final est attendue à la mi-janvier. Ensuite, durant une période de quatre mois, le Parlement européen aura la possibilité de le rejeter par un vote à la majorité simple. Le Conseil européen pourrait théoriquement aussi s'y opposer, mais il lui faudrait pour cela réunir vingt États membres, ce qui paraît hors de portée.

(ol/L'essentiel/afp)

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