Bande dessinée – Un amour brisé par les aléas du conflit mondial

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Bande dessinéeUn amour brisé par les aléas du conflit mondial

En deux volumes, «Éclats» et «Cicatrices», Erik De Graaf narre les péripéties d’Esther et Victor, une Juive pourchassée et un soldat mobilisé en 1940.

Le 4 mai 1946, la guerre est terminée aux Pays-Bas et chacun tente tant bien que mal de reprendre une vie normale. Alors qu’il se recueille sur la tombe de son ami Chris, tombé dès les premiers jours de la guerre en 1940, Victor croise Esther, celle qu’il a aimée passionnément. Les deux tourtereaux se sont perdus de vue au début du conflit, alors qu’ils étaient prêts à se fiancer, lorsque la jeune Juive, pour échapper aux persécutions, a fui chez des connaissances sans laisser d’adresse.

Les retrouvailles sont douloureuses pour les deux jeunes Néerlandais. Leurs sentiments sont désormais incertains et ils hésitent à raconter ce qu’ils ont vécu pendant les années de guerre. Surtout Esther qui, comme de nombreux Juifs, a connu la peur et vécu de nombreux traumatismes. Elle semble d’ailleurs complètement perdue et pleine de remords. De son côté, Victor a fait partie d’un bataillon néerlandais mal préparé, qui n’a pas pesé lourd face à l’armée allemande en 1940, avant de rentrer piteusement à la maison. Mais il a ensuite entrepris quelques actions dans le plus grand secret, dont la narration brise peu à peu son image de poltron. Ses histoires révèlent des secrets sur plusieurs personnes de leur entourage.

Erik De Graaf se sert de la grande Histoire pour tirer un récit captivant et émouvant. Aidé de son trait efficace, avec sa ligne claire, l’auteur déroule un récit très agréable à lire. Le scénario est très travaillé, avec des personnages attachants et des rebondissements, mais ne perd jamais le lecteur lors de ces deux livres de plus de 230 pages, où les belles et grandes cases ont la primeur.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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