Polémique en France – Un artiste assigne en justice la mairie d'Hayange

Publié

Polémique en FranceUn artiste assigne en justice la mairie d'Hayange

HAYANGE - Le sculpteur Alain Mila, auteur d'une fontaine à Hayange (Moselle), réclame en justice 10 000 euros pour préjudice moral à la municipalité FN, qui l'a repeinte en bleu.

La municipalité FN de Hayange avait créé la polémique en repeignant en bleu une sculpture du centre-ville sans en avertir l'auteur, le sculpteur Alain Mila.

La municipalité FN de Hayange avait créé la polémique en repeignant en bleu une sculpture du centre-ville sans en avertir l'auteur, le sculpteur Alain Mila.

DR

Après le coup de peinture en juillet dernier, le peintre et sculpteur Alain Mila avait exigé le rétablissement de sa fontaine en granit dans son état d'origine de 2001. Il avait rappelé qu'en vertu du code de la propriété intellectuelle, il est interdit de modifier une œuvre sans l'accord de son auteur. Fabien Engelmann, le maire FN de Hayange, avait alors fait machine arrière et ordonné un décapage de la peinture bleue. L'artiste affirme que l'opération a endommagé le granit, et que de ce fait elle a été rapidement interrompue. Le maire, de son côté, nie toute détérioration, et précise que le décapage n'a été suspendu qu'en attendant que la statue soit déplacée.

«M. Engelmann ne tient pas ses engagements, ça fait six mois qu'il nous balade, maintenant ça suffit» a tonné l'avocat de M. Mila, Me Bertrand Mertz. Toutes les tentatives de négociations ont jusqu'à présent échoué, selon l'avocat, qui a déposé la semaine dernière une assignation devant la chambre civile du tribunal de grande instance de Nancy. «On est sur la bonne voie», a toutefois assuré M. Engelmann. «On est en train de trouver un accord avec l'artiste et son avocat pour transférer la fontaine dans un parc municipal et la remettre en état en enlevant le bleu», a-t-il ajouté, soulignant que la partie adverse avait «donné son accord par téléphone» à cette solution, et qu'il n'attendait plus que la confirmation écrite.

«Une violation manifeste du droit moral»

Cette affaire de peinture bleue avait fait grand bruit en juillet dernier à Hayange, quelques mois après la conquête par le FN de cette ville industrielle sinistrée. Le maire frontiste avait dit assumer son choix et «ne pas comprendre qu'on fasse tout un pataquès» pour une œuvre que, selon lui, «tout le monde trouvait affreuse depuis le début». Il soulignait avoir voulu «égayer» sa ville.

«On va acheter une fontaine d'occasion avec des anges et des lions, qui se mariera mieux avec l'église à proximité», a précisé mardi l'édile. Même la ministre de la Culture de l'époque, Aurélie Filippetti (élue de Moselle), s'était prononcée l'été dernier sur ce dossier. Elle avait dénoncé «une violation manifeste du droit moral et des règles élémentaires du code de la propriété intellectuelle et de la protection du patrimoine».

(L'essentiel/AFP)

Ton opinion