Japon – Un bar éphémère dans un tas d'ordures

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JaponUn bar éphémère dans un tas d'ordures

C'est dans une usine de traitement de déchets que le bar Gomi Pit a ouvert ses portes, à Tokyo, au Japon.

L'année dernière, 27 000 tonnes de déchets ont été traitées au Musashino Clean Center, à Tokyo.

L'année dernière, 27 000 tonnes de déchets ont été traitées au Musashino Clean Center, à Tokyo.

AFP/Toshifumi Kitamura

De jeunes Japonais attablés dans un café s'amusent à se prendre en selfie. Derrière eux, de l'autre côté d'une large baie vitrée, une vue plongeante sur un monceau d'ordures dans lequel s'enfonce une griffe mécanique. Ils ont choisi pour décompresser autour d'un verre, le vendredi soir, un lieu bien inhabituel: une usine de traitement des déchets équipée d'un incinérateur. Ce bar éphémère baptisé Gomi Pit, du japonais "gomi" (ordures) et de l'anglais "pit" (fosse), est une idée des autorités locales pour faire connaître leur équipement dernier cri et faire prendre conscience aux Tokyoïtes de la quantité de détritus qu'ils produisent.

Prise de conscience

«De nombreux visiteurs ont exprimé leur étonnement, disant n'avoir eu auparavant aucune idée de la façon dont les ordures qu'ils produisent sont traitées», dit Ayana Seki, une responsable du département local de l'Environnement. «Ils nous ont aussi dit être choquées de constater de telles quantités alors que chaque foyer ne jette qu'un sac ou deux». Isao Tomioka, 49, est venu accompagné de ses deux filles pour constater l'impact des déchets sur les générations futures. «Il y a des déchets qui ne peuvent être brûlés et doivent donc être entassés quelque part et ça c'est un héritage négatif de notre génération», déplore-t-il.

Alors face à cet énorme amas, de bonnes résolutions sont prises: «À compter d'aujourd'hui, je vais essayer de diminuer le gaspillage alimentaire, c'est ma décision après avoir vu cela». Une bonne volonté partagée par Yukiko Ota, femme au foyer de 49 ans : «Nous imposons ce fardeau à une autre commune. Nous devrions essayer de réduire la quantité de détritus que nous produisons».

Changement de mentalité

Le quartier Musashino exige déjà de ses habitants de trier ses déchets et fait payer les sacs d'ordures collectés. Avec Gomi Pit, les autorités locales espèrent frapper les esprits pour changer les mentalités. «De nombreux visiteurs ont exprimé leur étonnement, disant n'avoir eu auparavant aucune idée de la façon dont les ordures qu'ils produisent sont traitées», dit Ayana Seki, une responsable du département local de l'Environnement. «De nombreuses personnes nous ont aussi dit être choquées de constater de telles quantités alors que chaque foyer ne jette qu'un sac ou deux». Si Gomi Pit est éphémère, le site Musashino Clean Center est ouvert à l'année. Au moment de la conception de ce centre, inauguré en 2017, l'idée était d'en faire un lieu positif pour éviter les réactions hostiles.

(E.A.)

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