Finances au Luxembourg – Un budget 2022 «social» et «orienté vers l'avenir»

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Finances au LuxembourgUn budget 2022 «social» et «orienté vers l'avenir»

LUXEMBOURG - Le ministre des Finances a déposé mercredi, à la Chambre des députés, le projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour 2022.

«Le bout du tunnel est tout proche», a indiqué Pierre Gramegna.

«Le bout du tunnel est tout proche», a indiqué Pierre Gramegna.

L'essentiel

Le budget 2022 se veut «tourné vers l’avenir», comme l’a annoncé Pierre Gramegna (DP), ministre des Finances, lors de sa présentation mercredi. Il a évoqué «la voie de la normalisation», après la crise, puis insisté sur «les trois axes du budget», à savoir la lutte contre le réchauffement climatique, la «composante sociale ambitieuse» et le respect des règles européennes, grâce à de bons indicateurs macroéconomiques.

Croissance et PIB: «Le bon élève de l’Europe»

Pierre Gramegna a insisté sur la bonne tenue des comptes publics, malgré les conséquences de la crise. Il se satisfait que le recul du PIB n’ait atteint que 1,8% du PIB en 2020, alors que la zone euro a enregistré un recul de 6,5%. Des croissances de 6% puis de 3,5% sont anticipées pour 2021 et 2022. Le déficit de 3,2 milliards d’euros en 2020 laissera place à un léger recul de 1,37 million.

Pour 2022, l’État anticipe des dépenses à hauteur de 23,5 milliards d’euros, pour des recettes de 22,2 milliards. Soit un déficit de 1,23 milliard. En tenant compte de l’Administration centrale, des administrations locales et de la Sécurité sociale, Pierre Gramegna estime que les comptes reviendront «quasiment à l’équilibre dès l’an prochain», avec un déficit de 143 millions d’euros, ou 0,2% du PIB, largement en dessous du seuil des 3% prévu par les traités européens.

La dette a aussi évolué de manière plus optimiste que prévu. Les projections actuelles tablent sur un maximum de 27,2% en 2024. En pleine crise l’an dernier, il était anticipé que le pays franchisse la barre des 30%, mais l’augmentation des recettes fiscales a fait descendre ce chiffre. Gramegna a insisté sur le fait que le paiement des intérêts de la dette ne représente que 0,5% du PIB, grâce aux taux très bas, voire négatifs. «Le Luxembourg respectera, dès l’an prochain, le pacte de stabilité et de croissance européen. Nous restons le bon élève de l’Europe», a affirmé Pierre Gramegna.

Climat, «défi du siècle»: 1,8 milliard d'euros

Une enveloppe de 765 millions d'euros d'investissement sera débloquée pour lutter contre le réchauffement climatique, «le défi du siècle». Elle devrait atteindre 975 millions d'euros à l’horizon 2024. Les moyens financiers pour atteindre les objectifs fixés dans le Plan national intégré en matière d'énergie et de climat (PNEC) seront augmentés pour atteindre 1,8 milliard d’euros en 2022.

En parallèle, les réseaux ferroviaires (300 millions d’euros pour le Fonds du rail) et le tram continueront d'être développés ainsi que la mobilité douce. Le ministre a rappelé que le programme pluriannuel des investissements se chiffrait au total à 1,5 milliard d’euros sur la période 2021-2025.

«Dépenses sociales importantes»

Les dépenses sociales représentent 47% des dépenses du budget, a martelé le ministre. Il estime que ces dépenses se sont révélées «particulièrement importantes» pendant la crise du Covid-19. Cela prend en compte de nombreux aspects, notamment la réindexation, dès octobre, des allocations familiales, ou encore la gratuité «progressive» des repas dans les cantines scolaires pour les familles les plus modestes, annoncée mardi par Xavier Bettel, Premier ministre. D’ailleurs, en matière d’éducation, les dépenses vont progresser de 10%, pour s’établir à «plus de trois milliards d’euros».

Il a ainsi indiqué que les moyens du Fonds national de solidarité augmenteraient de 5% pour atteindre 367 millions avec notamment une hausse de 200 euros de l'allocation de vie chère et l'adaptation du revenu d'inclusion sociale (Revis) de 2,8%.

Le logement: «Nous allons investir»

«Nous allons investir 228 millions d’euros dans la construction de logements abordables, soit 77% de plus que l’an dernier», se réjouit Pierre Gramegna.

La fiscalité: «Il faut moderniser notre système»

«Ce n’est pas le moment de lancer de nouveaux impôts, à cause de ces incertitudes» qui planent encore sur l’économie, selon le ministre libéral, qui a cité la pandémie pas encore terminée ou encore l’augmentation des prix des matières premières. Ainsi, il a de nouveau coupé court à la proposition du LSAP de créer un impôt «spécial corona» sur les plus riches ou les gagnants de la crise. «Il faut moderniser notre système fiscal, indépendamment de hausse ou de baisse d’impôts», a aussi déclaré Pierre Gramegna, alors que la grande réforme fiscale a été reportée à la législature suivante.

(mc/jg/L'essentiel)

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