Au Mexique – Un bunker épie criminels et syndicalistes

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Au MexiqueUn bunker épie criminels et syndicalistes

Le cœur du dispositif mexicain du renseignement bat dans un «bunker» souterrain de la capitale, d'où les services surveillent aussi bien les criminels des cartels de la drogue que les syndicalistes.

Le dispositif a permis l'arrestation du narco-trafiquant Edgar Valdez, dit «La Barbie», le 30 août dernier. (afp)

Le dispositif a permis l'arrestation du narco-trafiquant Edgar Valdez, dit «La Barbie», le 30 août dernier. (afp)

«Toute l'information criminelle du Mexique est concentrée dans ce centre», présente le responsable du renseignement au ministère de la Sécurité publique, Francisco Niembro, en guidant la première visite de presse organisée dans le «bunker», inauguré il y a un peu moins d'un an.

Dans ce bâtiment circulaire, une technologie de pointe permet de surveiller l'infrastructure pétrolière ou des télécommunications du pays, et aussi ses 16 volcans en activité et les ouragans et tremblements de terre. Tout en bas, le bureau du «conseil de guerre», réservé au président de la République et au gouvernement, en cas de «risque-pays, qui comprometterait la sécurité nationale ou les institutions», explique M. Niembro.

Un dossier complet

«Tenez, voici le camarade Esparza», lance-t-il en montrant un écran: c'est Martin Esparza, le leader des syndicalistes électriciens de l'ancienne «Compagnie Lumière et Courant» de la municipalité de Mexico, fermée par le gouvernement. Il est filmé pendant une manifestation.
Sur un autre mur, plusieurs autres écrans rassemblent l'information concernant le trafiquant Edgar Valdez, alias «La Barbie», arrêté le 30 août. Un des criminels les plus recherchés par Mexico et Washington, qui offraient 2 millions de dollars pour sa capture.

Son dossier rassemble photos et vidéos, empreintes digitales, enregistrements vocaux, dossier judiciaire et rapports sur son environnement et ses fréquentations. «Cet ensemble d'informations nous a permis de démarrer dans 16 directions d'enquête», a expliqué le commissaire fédéral Facundo Rosas, en conférence de presse.

Une guerre sanglante

Au final, l'enquête s'est concentrée sur quelques «contacts» qui ravitaillaient Valdez ou assuraient sa sécurité, et a repéré sa planque, une maison des environs de Mexico. Dans le «bunker», on surveille l'espace aérien du pays, on commande 10 avions sans pilote, les «drones» employés par les Américains en Afghanistan.

On y regarde les grands axes routiers vers la frontière américaine. Les camions y transportent peut-être de la drogue, ou des émigrants clandestins comme les 72 qui ont été massacrés il y a deux semaines dans le nord-est. On y voit aussi les voitures dans les rues de Ciudad Juarez, la ville la plus violente du pays, à la frontière américaine du Texas, avec plus de 2.600 morts en 2009. Elle est ensanglantée par la guerre que s'y livrent le cartel local dit «de Juarez» et celui de Sinaloa, comme «La Barbie», ex-chef de guerre du cartel des frères Beltran Leyva, l'a confirmé dans ses interrogatoires.

Le cartel de Sinaloa, c'est celui de «l'ennemi public n°1», dont les informations du «bunker» n'ont pas encore permis la capture: Joaquin «Chapo» (le petit) Guzman, évadé en 2001 d'un pénitencier mexicain. Washington offre 5 millions de dollars pour qui permettra la capture de cet homme qui figure maintenant sur la liste des milliardaires en dollars établie par le magazine américain Forbes.

lessentiel.lu avec afp

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