A Zurich – Un cadavre «voyage» dans le tram pendant 6h
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À ZurichUn cadavre «voyage» dans le tram pendant 6h

Un sexagénaire est décédé, lundi, dans une rame des transports publics zurichois. Il a fallu plusieurs heures avant que quelqu’un ne s’en rende compte.

Les faits se sont déroulés dans le tram de Zurich.

Les faits se sont déroulés dans le tram de Zurich.

20min

D. et J. pleurent leur père. L’homme de 64 ans a perdu la vie, lundi, dans un tram zurichois, alors qu’il se rendait au travail. «Il a subi un arrêt cardiaque», raconte son fils D., toujours sous le choc. Le quadragénaire n’arrive toujours pas à comprendre comment personne n’a pu s’en rendre compte: «Ni le chauffeur ni les passagers ne se sont aperçus de quelque chose. Son cadavre a voyagé pendant des heures à travers la ville».

En effet, ce n’est qu’après six longues heures qu’une passagère a informé le conducteur du fait que quelque chose n’allait pas. Le chauffeur a finalement appelé les secours, qui n’ont pu que constater la mort du sexagénaire.

«Les gens ne réalisent même plus ce qui se passe autour d’eux»

«L’ignorance des gens me rend triste. C’est à peine croyable», se désole D. Lui et sa sœur J. espèrent sensibiliser la population en rendant leur histoire publique. «De nos jours, les gens sont trop concentrés sur eux-mêmes, ne font plus preuve de courage civique et ne réalisent même plus ce qui se passe autour d’eux».

Melanie Wegel enseigne à la Haute école des sciences appliquées de Zurich. Dans un de ses cours, elle aborde la thématique du courage civique. «Six heures, c’est extrêmement long. Je n’ai pas connaissance d’un cas similaire en Suisse.» Et d’ajouter: «Il est vrai que les gens manquent de courage civique. Beaucoup pensent que ce n’est pas à eux d’intervenir et que quelqu’un s’en occupera bien à leur place.»

Tant les transports publics zurichois (VBZ) que la police zurichoise ont connaissance du cas présent. Une porte-parole des VBZ confirme que les secours et la police ont été alertés sur-le-champ après la découverte du cadavre. Les forces de l’ordre, elles, excluent l’intervention d’une tierce personne.

(L'essentiel/Monira Djurdjevic/Lynn Sachs/ofu)

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