Inflation au Luxembourg: Un caddie à 115 euros: «C'était moins de 100 euros il y a quelques semaines»
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Inflation au LuxembourgUn caddie à 115 euros: «C'était moins de 100 euros il y a quelques semaines»

LUXEMBOURG – Le conflit en Ukraine a encore accentué la pression sur les prix à la consommation. Nos courses coûtent plus cher, nos habitudes pourraient changer. Reportage.

par
Nicolas Chauty

À peine deux sacs, même pas remplis, qu'il charge dans son coffre. John sort d'une grande surface du sud du pays et vient de dépenser 115 euros pour ses courses. «Il y a encore quelques semaines, c'est sûr, pour la même chose c'était moins de 100 euros», explique l'homme qui cite à la pelle des hausses sur «le lait, le beurre, même les fruits…». Le conflit en Ukraine a encore accentué la pression sur les prix et l'approvisionnement de l'énergie et des matières premières agricoles, précipitant l'inflation et l'impact sur le consommateur. «C'est significatif depuis quelques semaines», estime John.

Le client confie même qu'il envisage de partager ses courses entre plusieurs magasins: «J'ai remarqué qu'il y a encore des différences de prix d'un supermarché à l'autre, ça vaut la peine de comparer. C'est vraiment quelque chose que je ne faisais pas avant…» Selon le Statec, les prix à la consommation ont augmenté de 7% entre avril 2021 et avril 2022, et l’alimentation représente à elle-seule 12,6% de notre budget.

«Un caddie plein de bouteilles d'huile, c'est ça le problème aussi»

Dans son caddie, un peu plus loin, Marie* prend l'exemple de la bière qu'elle vient d'acheter. Un pack de six bouteilles pour 3,95 euros. «Il y a un an, je payais ça 3,39 euros», souligne la cliente qui a d'autres exemples très précis. «Il y a trois semaines, mon litre d'huile de tournesol coûtait 2,49 euros, aujourd'hui c'est 3,99. Je vais vous donner une anecdote, en mars dernier, j'avais déjà vu ce même produit, à près de 4 euros au Portugal, et on ne comprenait pas une telle différence avec le Luxembourg, même avec les écarts de TVA. Eh bien ça y est c'est le même prix chez nous…»

Sur le parking, d'un client à l'autre, tous confirment que leurs courses coûtent plus cher. Chantal, par exemple, a décidé de ne pas acheter de viande, ce jour-là, pour équilibrer son budget et prioriser autre chose. Pour l'heure néanmoins, les prix augmentent mais il n'y a pas de pénurie sur certains produits, ni même de rationnement. «J'ai vu quelqu'un avec son caddie plein de bouteilles d'huile, ajoute Marie, c'est ça le problème aussi. Ce genre de comportements joue sur l'offre, les prix, et au final on le paye tous».

*Prénom modifié

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