Révélations – Un ex-salarié accuse EY de «trafic d’influence»
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RévélationsUn ex-salarié accuse EY de «trafic d’influence»

LUXEMBOURG - Ernst & Young (EY) est accusé par un ex-collaborateur d’avoir profité de ses contacts privilégiés pour gagner un contrat.

Moustapha Nouassi est redevenu avocat après son licenciement.

Moustapha Nouassi est redevenu avocat après son licenciement.

L'essentiel

Il y a trois ans, la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) cédait la surveillance du fonds d’investissement ARM à EY par l’intermédiaire de Jean-Michel Pacaud, associé en charge des services financiers chez EY.

Pour Moustapha Nouassi, impliqué de très près au début du dossier, ce transfert a été entaché d’irrégularités. «Jean-Michel Pacaud et la juge du tribunal de commerce, Christiane Junck, se connaissaient et avaient eu des contacts avant qu’EY ne prenne en charge ce dossier. On peut considérer qu’il y a eu délit d’initié, sinon trafic d’influence», assure-t-il.

«Il s’agit d’une pratique habituelle et même souhaitable pour s’assurer qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêt», rétorque Jean-Michel Pacaud. Licencié en novembre 2012, Moustapha Nouassi avait signalé les faits au parquet quelques jours plus tard. Il s’interroge: «Quelle a été la contrepartie pour la juge? Il est important, par ailleurs, pour le justiciable de savoir qu’en cas d’affaire contre EY il sera défendu de manière impartiale». Pour Jean-Michel Pacaud, les accusations de Moustapha Nouassi sont celles d’un salarié cherchant à se venger. «Je n’ai aucun ressentiment contre EY, je suis guidé par le respect de la loi», répond-il.

En l’occurrence, le donneur d’alerte n’a pas été entendu par la justice luxembourgeoise malgré ses rencontres avec le procureur et la police financière. Aucune enquête, même préliminaire, n’a été ouverte dans ce dossier.


(Patrick Théry/L'essentiel)

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