Agence spatiale européenne – «Un grand intérêt au Luxembourg pour le spatial»

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Agence spatiale européenne«Un grand intérêt au Luxembourg pour le spatial»

LUXEMBOURG - Marc Serres, CEO de la Luxembourg Space Agency, se réjouit de la candidature de six Luxembourgeois, pour devenir astronautes de l’agence spatiale européenne.

«Le secteur spatial est l’un des rares secteurs qui fait briller les yeux des gens, quel que soit l’âge des personnes concernées», estime Marc Serres.

«Le secteur spatial est l’un des rares secteurs qui fait briller les yeux des gens, quel que soit l’âge des personnes concernées», estime Marc Serres.

© Editpress/fabrizio Pizzolante

L'essentiel: Comment réagissez-vous à la présence de six Luxembourgeois parmi les 1 361 européens encore en lice pour devenir astronautes de l’agence spatiale européenne?

Dr Marc Serres: C’est une surprise. On avait déjà été étonnés par la quantité de candidats au départ (65). C’est une bonne surprise de voir qu’il en reste un nombre important pour la phase suivante. On ne s’y attendait pas mais ça montre l’intérêt important pour le spatial dans un petit pays comme le Luxembourg, même auprès du grand public.

Il semble aussi que les qualités des Luxembourgeois sont reconnues dans ce domaine?

Les phases suivantes vont encore comporter des tests à faire. On pourra tirer des conclusions en mai juin. Mais le fait qu’il y ait cette présélection montre en effet qu’on a des gens qui ont potentiellement les qualifications pour ce genre de métier.

L’espace fait rêver au Luxembourg…

Oui, le secteur spatial est l’un des rares secteurs qui font briller les yeux des gens, quel que soit l’âge des personnes concernées. C’est encore plus vrai quand on rencontre des astronautes. Ils ont un pouvoir magique, celui de captiver leur public. Le spatial reste un thème qui génère beaucoup de fascination. On peut l’utiliser pour intéresser la jeune génération à des métiers un peu plus techniques. Et si certains de nos habitants arrivent au bout du processus de sélection, ce serait quelque chose de fantastique.

Peut-on y croire?

Je ne connais pas personnellement les candidats. Le processus implique une certaine discrétion de la part de l’ESA sur les candidats. Il y a eu dans les campagnes précédentes des Luxembourgeois candidats. Certains ont, je crois, passé certaines étapes mais aucun n’est arrivé au bout. La sélection va encore être importante. D’ici au mois de juin, on va encore diviser le nombre de candidats par dix. Cela va être très compétitif. Difficile de donner un pronostic. Mais je suis naturellement optimiste, il faut continuer à y croire.

Parmi les candidats, il y a une femme…

Sur le total des candidats, il y avait trois quarts d’hommes et un quart de femmes. Malheureusement, les statistiques ne sont pas en faveur des femmes. Mais il ne faut pas s’arrêter aux statistiques. C’est important pour nous de voir que les femmes ont leur place ici, elles sont motivées. En plus, on en a une au Luxembourg qui reste dans la course, donc on va suivre cela de près.

Quelles sont les qualités pour être astronaute?

Il y a deux volets. Des compétences techniques. Les astronautes ont beaucoup d’activité sur la Station spatiale internationale pour la maintenir et faire des expériences pour des chercheurs qui ne vont pas sur la station. Ils doivent apprendre avant la mission quelles manipulations ils doivent faire dans l’espace. Donc il y a un background scientifique et technique important qui est nécessaire. Le deuxième volet, c’est la santé. Les astronautes sont soumis à des contraintes physiques extrêmes, difficiles pour le commun des mortels. Cela demande de l’entraînement et des prédispositions physiques et psychologiques. Ils se retrouvent par moment confinés plusieurs mois dans un environnement petit, avec un certain nombre de personnes. Il faut avoir cette force psychologique pour mener sa mission à bien.

Quand s’achèverait la sélection, quand partiraient-ils dans l’espace?

Il est prévu d’annoncer la sélection finale dans le courant des mois d’octobre-novembre. Après la sélection, ils devront continuer à faire des entrainements. L’opportunité de vol se discute avec les partenaires russes, américains, japonais. Le planning d’occupation de la station se fait en coopération. Généralement, l’ESA donne une opportunité de mission à chaque astronaute. Cela peut prendre du temps. Mais quand on est membre du pôle d’astronautes de l’ESA on est relativement sûr d’avoir une opportunité de vol dans sa carrière. C’est plutôt de l’ordre de deux à cinq ans.

Un Luxembourgeois dans l’espace, cela fait rêver?

Ce serait fantastique d’avoir un Luxembourgeois astronaute. On va peut-être déjà avoir un Luxembourgeois dans l’espace car des entreprises privées vont fournir des services de vols suborbitaux (NDLR: un vol suborbital est un vol spatial d'un engin spatial se déplaçant dans l'espace à une vitesse suborbitale, inférieure à la vitesse requise pour qu'il se maintienne en orbite), jusqu’à environ 100 km dans l’espace. C'est une altitude où on commence à sentir l’absence de gravité et où on voit la courbure de la Terre. On a déjà à cette altitude une sensation très forte de l’espace. Des entreprises sont sur le point de commencer à emporter les futurs touristes de l’espace et un Luxembourgeois a, à ma connaissance, un ticket. Il pourrait peut-être voler dès cette année. On pourrait avoir un Luxembourgeois dans l’espace, avant même de savoir si un astronaute est retenu.

(Recueilli par Nicolas Martin/L'essentiel)

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