Procès du Carlton – «Un groupe d'amis, pas un réseau mafieux»

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Procès du Carlton«Un groupe d'amis, pas un réseau mafieux»

L'affaire dite du Carlton a permis le démantèlement non d'un «réseau mafieux», mais des «pratiques d'un groupe d'amis», a lancé le procureur Frédéric Fèvre, dans l'introduction de son réquisitoire.

«Ce n'est pas un réseau mafieux qui a été démantelé», reconnaît le magistrat, mais «les pratiques d'un groupe d'amis» en quête de «satisfaire des égos, des ambitions, voire tout simplement des désirs physiques», ajoute-t-il. Les réquisitions entamées mardi matin doivent durer jusque dans l'après-midi. Les cas des quatorze prévenus, dont treize sont poursuivis pour proxénétisme aggravé, seront étudiés cas par cas, et celui de Dominique Strauss-Kahn en dernier.

En théorie, l'ex-patron du FMI risque jusqu'à 10 ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende. Mais Frédéric Fèvre et sa substitut, Aline Clérot, peuvent demander au tribunal de prononcer la relaxe. Ce qui s'inscrirait dans la continuité du non-lieu requis par le parquet de Lille avant le renvoi en correctionnelle de l'ancien favori socialiste à l'élection présidentielle de 2012. Ce qui ne mettrait cependant pas un terme à l'affaire en ce qui concerne DSK, car le tribunal aurait la liberté de suivre ou pas le parquet.

«Nous travaillons avec le code pénal, mais pas le code moral»

«Ce qui m'a frappé, c'est l'absence totale de considération pour les femmes qui sont reléguées au simple (état) d'objet de plaisir», constate Frédéric Fèvre, dans un premier bilan des débats. Tout comme le président du tribunal Bernard Lemaire en avait rappelé la nécessité en début du procès, Frédéric Fèvre s'en tient à la loi. «Nous travaillons avec le code pénal, mais pas le code moral», souligne-t-il. «Il n'appartient pas au juge de critiquer la loi mais de l'appliquer», précise-t-il, se référant aux critiques émises par certains avocats: une loi «mal faite», qui «ne correspond pas aux évolutions de la société».

Le procureur, debout devant un petit pupitre en bois sur lequel sont posées ses notes, commence par le cas de René Kojfer, ancien chargé des relations publiques de l'hôtel Carlton, celui par qui le scandale est arrivé. Qualifié de «sergent-recruteur de la prostitution lilloise» au sens des affaires aiguisé - il exigeait des prostituées qu'il mettait en relation avec des clients soit une prestation gratuite, soit un pourcentage sur la location de la chambre, explique le procureur -, René Kojfer voit requérir à son encontre 15 mois avec sursis et 2 500 euros d'amende.

(L'essentiel/AFP)

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