Féminicide à Hayange – «Un homme comme ça ne doit plus sortir de prison»

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Féminicide à Hayange«Un homme comme ça ne doit plus sortir de prison»

HAYANGE - Des centaines de personnes ont participé mercredi, en fin d'après-midi, à une marche blanche pour rendre hommage à Stéphanie Di Vincenzo, victime d'un féminicide.

La grand-mère de Stéphanie était en tête du cortège.

La grand-mère de Stéphanie était en tête du cortège.

AFP/Jean-christophe Verhaegen

À l'appel du maire (RN) de cette cité ouvrière, Fabien Engelmann, les participants se sont rassemblés à 18h, devant l'hôtel de ville où un calicot «Hommage à Stéphanie. Non au laxisme» a été suspendu sur le fronton, au-dessus de la devise républicaine.

«C'est le cœur lourd que nous sommes réunis ce soir», a déclaré M. Engelmann, aux côtés de la famille de la victime, jeune femme de 22 ans. «C'était un homme violent, un homme comme ça ne doit plus sortir de prison», a dénoncé pour sa part la grand-mère de Stéphanie, qui a pris la parole devant la foule.

Une photo de Stéphanie ainsi qu'un bouquet de roses blanches ont été déposés sur le parvis de l'hôtel de ville. Puis le cortège, famille et élus ceints de leur écharpe tricolore en tête, s'est élancé sous un ciel de plomb, des femmes portant des affiches pour dire «stop aux violences conjugales».

«C'était quelqu'un qui était jaloux de tout»

«En France, ça ne devrait plus arriver ce genre de choses et malheureusement c'est tous les jours», s'est indignée Johanna, une amie de Stéphanie, vêtue d'un tee-shirt blanc maculé de taches de sang. Elle n'a pas souhaité communiquer son nom de famille.

«La justice avait connaissance des violences conjugales. Quand ils s'engueulaient, il y avait des interventions de police. Je ne comprends pas comment on a pu accorder à ce monsieur une liberté sous surveillance chez Stéphanie tout en sachant ce qui se passait, qu'il y avait eu des menaces de mort. Le suivi n'a pas été fait correctement», a-t-elle déploré.

Selon elle, le suspect, un ressortissant serbe de 23 ans qui dispose du statut de réfugié politique et a été présenté mercredi à un juge d'instruction en vue de sa mise en examen (voir encadré), «avait mauvaise réputation ici, c'était quelqu'un qui s'énervait sur tout, il était jaloux de tout».

Une autre marche devait se tenir à la même heure devant la mairie d'Algrange, la commune voisine dirigée par un maire communiste, Patrick Peron.

(L'essentiel/afp)

Le suspect mis en examen et incarcéré

Le ressortissant serbe soupçonné d'avoir tué sa jeune compagne à Hayange (Moselle) dans la nuit de dimanche à lundi a été mis en examen et écroué mercredi soir, a annoncé à l'AFP le procureur de la République de Metz, Christian Mercuri.

Ce réfugié politique de 23 ans a été mis en examen pour «homicide par conjoint» et placé en détention, a précisé le magistrat. Une femme d'une quarantaine d'années chez qui il avait été interpellé lundi lors de sa fuite a été mise en examen pour «soustraction d'un criminel à l'arrestation ou au recherches» et placée sous contrôle judiciaire, a-t-il ajouté.

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