Médecins sans frontières – Un hôpital virtuellement bombardé à Madrid

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Médecins sans frontièresUn hôpital virtuellement bombardé à Madrid

L'hôpital de La Paz, dans le centre de Madrid, a subi mardi soir une simulation de bombardements. Médecins sans frontières, qui a organisé l'événement, a voulu dénoncer le sort d'Alep.

L'objectif visait à frapper très fort pour dénoncer les attaques contre les hôpitaux lors des conflits. Pour que le bombardement ait l'air le plus authentique possible, le quartier de l'établissement hospitalier de La Paz à Madrid a été vidé afin que le silence soit le plus complet possible. 150 personnes ont assisté au bombardement virtuel grandeur nature de la clinique.

Cris de panique, hurlements d'effroi, appels à l'aide, grondement de sirènes et autres vrombissements d'avions mitraillant l'hôpital: tout était fait pour choquer et dénoncer le sort actuel de la Syrie, du Yémen ou encore de l'Afghanistan. Le plus traumatisant restait toutefois le silence qui régnait à la fin de l'attaque, avec le crépitement des flammes qui brûlaient les restes.

«La victoire à n'importe quel prix»

Cette simulation voulait mettre l'accent sur une «stratégie cynique, cruelle et inhumaine qui poursuit la victoire militaire à n'importe quel prix», a expliqué le directeur de la branche espagnole de Médecins sans frontières à BFMTV. «La ville d'Alep est l'exemple le plus déchirant de cette tendance brutale, poursuit-il. Les hôpitaux y sont attaqués sans répit avec l'objectif pervers de refuser les soins médicaux à la population dans les moments les plus durs de la guerre.»

Médecins sans frontières a subi une centaine d'attaques contre les établissement médicaux en 2016. Ces offensives gratuites ont fait 185 victimes, nous apprend BFMTV. Selon le directeur de Médecins sans frontières Espagne, les hôpitaux sont pratiquement toujours les derniers espaces d'humanité où il est possible de se réfugier quand la cruauté et la violence sans mesure accaparent tout. «Leur destruction préméditée cherche à annihiler la dernière espérance des hommes, des femmes et enfants happés par la guerre, poursuit-il. Rien ne justifie d'attaquer les blessés et les malades dans leur lit».

(L'essentiel/dro)

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