Au Luxembourg – «Un jour, on va se faire tuer lors d'un braquage»
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Au Luxembourg«Un jour, on va se faire tuer lors d'un braquage»

RUMELANGE - Un café de la rue des Martyrs, a été le théâtre d'un braquage à main armée, lundi. La propriétaire témoigne en exclusivité pour «L'essentiel».

 Après le braquage, les voleurs se sont enfuis en direction d’Ottange, en France.

Après le braquage, les voleurs se sont enfuis en direction d’Ottange, en France.

L'essentiel

«Patronne, on m'a volé la caisse!». Pour Fernanda*, propriétaire d'un café dans la rue des Martyrs, à Rumelange, le réveil à été brutal, peu avant minuit. À l'autre bout du fil, son employée qui vient de se faire braquer, alors qu'elle s'apprêtait à tirer le rideau pour la soirée.

Aux alentours de 23h20, la serveuse quitte son comptoir pour aller se chercher un paquet de cigarettes «tout près du jeu de quilles», alors que trois clients sont encore présents à l'intérieur du café. À peine le temps de se retourner que l'employée aperçoit trois hommes cagoulés qui viennent de faire irruption. L'un d'eux porte une arme à feu. «J'ai tout vu sur la caméra. Ça a duré quelques minutes, elle n'a pas eu d'autre choix que de leur donner l'argent», explique la propriétaire à L'essentiel.

800 euros au total, soit la recette du soir. Maigre butin estimeront certains mais «un vrai coup dur» pour Fernanda et son mari «qui n'avaient pas besoin de ça en pleine période de Covid». D'autant que ce braquage n'est pas le premier qui vise le café du couple.

«Ils m'ont attendu sur le parking pour me voler 20 000 euros»

«L'année dernière, ils m'ont attendu sur le parking pour me voler 20 000 euros. Nous avons été cambriolés 4 fois depuis 2017. Et je ne parle pas des entrées par effraction en pleine nuit les années précédentes», énumère la propriétaire, qui se demande pourquoi son café est pris pour cible de manière systématique. «Je ne sais pas ce qu'ils ont avec ce café. Nous avons d'autres établissements qui n'ont jamais été braqués».

La proximité avec la frontière française, située à quelques centaines de mètres, peut constituer un élément de réponse, même si Fernanda n'a «aucune idée» du profil des braqueurs. Lundi soir, les trois malfrats ont immédiatement fui en France, sans que la police ne puisse les rattraper.

Désabusée, la gérante s'inquiète également du degré de violence qui grimpe d'une attaque à l'autre. «Ça ne peut pas continuer comme ça. Un jour, on va se faire tuer lors d'un braquage, ici à Rumelange». Fernanda et son mari n'ont en tout cas pas véritablement les moyens de se protéger. «Un agent de sécurité? Cela coûte trop cher. Mais la police m'a promis qu'elle serait vigilante à l'avenir», conclut-elle.

*Le prénom a été modifié

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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