Près de Messancy: Un loup a dévoré une jeune vache à deux pas du Luxembourg

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Près de MessancyUn loup a dévoré une jeune vache à deux pas du Luxembourg

MESSANCY - Une semaine après avoir tué un veau près de Malmédy, le même jeune loup a remis le couvert tout près de Clémency.

par
Frédéric Lambert

C’est confirmé! Un jeune loup rôde à deux pas du Luxembourg. Après avoir tué un veau le 9 novembre près de Malmédy, ce même loup a mangé une jeune vache 100 km plus loin. Les faits se sont produits le mercredi 16 novembre à Sélange, petit village de la commune belge de Messancy, frontalier du village luxembourgeois de Clémency. Le quotidien régional belge «L’Avenir Luxembourg» a relayé cette information dans ses pages du mardi 30 novembre.

À la Ferme des Quatre Vents à Sélange, Stéphane Muller nous a confirmé les faits. «Un promeneur nous a téléphoné pour nous avertir qu’il avait trouvé l'une de nos bêtes éventrée dans une pâture», se rappelle-t-il. «Arrivés sur place, on a trouvé ça très spécial et on a alors appelé la Division Nature et Forêt (DNF). Pour confirmer les soupçons, la DNF a prélevé de l’ADN et on a appris, il y a quelques jours, que c’était bien un loup».

Dix huit bêtes dans la pâture

Les mots manquent encore un peu à Stéphane, mais «c’est la nature , philosophe-t-il avec sérénité. « On n'élève pas nos bêtes pour les loups, mais voilà, c’est arrivé. On n’est pas surpris qu’un loup puisse attaquer une jeune vache. Cette génisse faisait entre 200 et 250 kg. Ce n’était déjà plus un veau. Elle avait un an. On l’a retrouvée éventrée des deux côtés. Les boyaux étaient ressortis de la bête et il y a avait plus ou moins 10-15 kg de viande prélévés».

Et Stéphane de nous préciser le mode opératoire de ce jeune loup. «Les loups plus âgés attaquent au cou», nous indique-t-il, «ici, c’était visiblement un jeune, car il l’a d’abord prise à la cuisse. La bête est tombée et le loup l’a éventrée. Dix-huit bêtes se trouvaient dans la pâture au même moment et on a bien vu qu’elles avaient couru et tourné en rond. Elles ont été effrayées et pourchassées. Au niveau protection, il n’y a rien à faire. On ne s’imaginait pas qu’un loup pouvait rôder de par chez nous».

Le Luxembourg est prêt face au loup

À quelques kilomètres de là, au Luxembourg, dans une ferme de Clémency, «on n’est pas surpris du tout» par cette affaire, «car ce n’est pas la première fois». «Toutes nos bêtes sont désormais rentrées dans nos étables, mais durant l’été, ce sont des choses qui pourraient encore arriver. Comment se protéger? C’est impossible, car toutes nos pâtures ne se trouvent pas sur un même site et les clôtures ne servent à rien face au loup. Lors des cinq dernières années, il n’y a pas eu que des attaques en Belgique, mais au Luxembourg aussi. À 3 km d’ici, à Hivange, il y a an, donc ce n’est pas nouveau. On va devoir faire avec. Il y a déjà eu plusieurs attaques de loup, surtout sur des veaux».

«Nous avons effectivement reçu cette information de la part de nos collègues belges, il y a quelques jours», nous a aussi précisé le Dr Laurent Schley, directeur adjoint de l’Administration de la nature et des forêts. «S'il y a une attaque sur le sol grand-ducal, nous sommes prêts avec notre plan d'action et de gestion. Ce plan est disponible sur Internet dans toutes les langues et il comporte des mesures d'indemnisation et des mesures préventives, comme la pose de clôtures».

Une préférence pour les espèces sauvages

Et le Dr Laurent Schley de rappeler qu'une attaque d'un bovin par un loup, «c'est très rare, mais ça peut arriver». «Individuellement, certains loups peuvent se spécialiser sur des vaches plutôt que sur des moutons. Rappelons également que lorsque le loup attaque des moutons ou des chèvres, ce n'est qu'une petite partie. La majeure partie de ses proies sont des espèces sauvages comme le sanglier, le chevreuil ou le cerf. Il est important de situer les attaques dans un contexte global».

Quant aux chasseurs qui se demandent désormais si la présence du loup dans nos massifs forestiers aurait déjà un impact sur la présence du gibier lors des chasses, le Dr. Laurent Schley se veut également très précis sur la question: «Il y a tellement de gibiers dans nos forêts que le loup n'est pas en mesure de le réduire en nombre à lui tout seul. Ce qui est sûr par contre, c'est que la présence d'un loup va changer le comportement du gibier. Avec un loup dans les parages, le gibier doit se montrer plus vigilant, et par conséquent, le gibier sera moins visible, également pour les chasseurs».

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