Cinéma – Un Nolan complexe à la sauce James Bond
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CinémaUn Nolan complexe à la sauce James Bond

Blockbuster malin entre espionnage et science-fiction, «Tenet» était attendu comme le messie dans un contexte plus que morose.

L'accroche scénaristique de «Tenet» se reflète dans son titre, un palindrome, un mot qui se lit dans les deux sens. Soit le traitement que Nolan réserve aux personnages de son film, qui vont pouvoir avancer normalement dans l'intrigue ou reculer dans le temps pour tenter d'avoir un coup d'avance sur l'autre.

De quoi dynamiter, avec cette touche de fantastique, une trame sinon classique d'un agent secret - John David Washington, fils de Denzel, vu dans «BlacKkKlansman» - aux trousses d'un esprit du mal - Kenneth Branagh, glaçant - qui menace l'humanité.

Sans révolutionner les genres auxquels son film s'attaque avec fougue pendant 2h30, Nolan pousse le curseur très loin. Pour le volet espionnage, il y a des effluves de «James Bond». Nolan a confessé la semaine dernière avoir été marqué par «L'espion qui m'aimait», un «Bond» période Roger Moore. «C'est le premier que j'ai vu, à 7 ans, avec l'impression que je pouvais sauter dans l'écran pour aller aux quatre coins du monde, c'est ce sentiment que j'ai voulu retrouver».

«Vivre en plein cauchemar»

«Tenet», tourné dans sept pays différents, respecte le cahier des charges. Mais la touche Nolan, c'est un héros noir, ce que n'ont jamais tenté jusqu'ici les décideurs de la franchise du célèbre agent secret. Le casting est d'ailleurs impeccable. Robert Pattinson campe à merveille un personnage ambigu, qui comme il s'en réjouit «aime le chaos et vivre en plein cauchemar». Et Elizabeth Debicki endosse une nouvelle fois l'habit d'une femme bafouée qui reprend sa liberté, comme dans «Les Veuves», de Steve McQueen. «Sa force vient de son voyage vers la résilience», raconte joliment l'actrice.

Sur le fond, le réalisateur américano-anglais, qui a soumis son script à des scientifiques pour coller aux théories sur la marche du temps, n'est pas le premier à réfléchir aux conséquences sur le présent d'une manipulation du passé. «Terminator» ou «Edge Of Tomorrow» (avec Tom Cruise) l'ont déjà fait. Mais ici, les passerelles temporelles sont à la fois plus nombreuses et plus poreuses.

(L'essentiel)

«Tenet»

De Christopher Nolan. Avec John David Washington, Robert Pattinson, Elizabeth Debicki. En salle.

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