Luxembourg: Un nouveau pas vers deux jours de télétravail

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Luxembourg Un nouveau pas vers deux jours de télétravail

LUXEMBOURG – Une majorité de chefs d'entreprise souhaitent offrir deux jours de télétravail à leurs employés au Luxembourg. Mais cet élan fait toujours face aux verrous fiscaux et sociaux liés aux pays frontaliers.

par
Thomas Holzer
Bientôt deux jours de télétravail par semaine au Luxembourg?

Bientôt deux jours de télétravail par semaine au Luxembourg?

Alors que le débat sur la réduction du temps de travail devrait animer la prochaine campagne électorale avant les élections législatives, le monde économique poursuit ses discussions sur l'organisation du travail post-Covid. Parmi les sujets fondamentaux, l'UEL (Union des entreprises luxembourgeoises) avait annoncé une vaste enquête sur la pratique du télétravail dans les entreprises, et les désirs d'évolution de ces dernières.

Les résultats sont sans appel: 67% des entreprises participantes envisagent d'autoriser ou de continuer à autoriser le télétravail. Le sondage a été réalisé sur un panel de 1 073 entreprises représentant 39% du total des salariés employés au Luxembourg. Dans le détail, une grande majorité (83%) de sociétés concernées souhaitent offrir deux jours de télétravail par semaine à leurs salariés.

Un enjeu de recrutement

«Le télétravail doit être incorporé dans le cadre plus large d'une réforme de l'organisation du travail avec plus de flexibilité. Pour attirer les talents, il faut donner plus de possibilités aux salariés», avait indiqué Jean-Paul Olinger, directeur de l'UEL à L'essentiel avant le lancement de cette enquête. 40% des entreprises participantes qui autorisent actuellement le télétravail ont indiqué avoir déjà perdu un candidat potentiel car elles ne proposaient pas assez de télétravail.

Jean-Paul Olinger, directeur de l'UEL.

Jean-Paul Olinger, directeur de l'UEL.

Editpress

Suivant ces résultats, l'UEL invite le gouvernement luxembourgeois à «renforcer ses démarches proactives auprès de l’Allemagne, la Belgique et la France» afin de rehausser les seuils sociaux et fiscaux, qui constituent actuellement un frein au télétravail des frontaliers. Les discussions avancent, notamment avec la France, sur la fiscalité. Mais une évolution de la législation européenne sur le travail détaché serait nécessaire pour faire évoluer la réglementation concernant l'affiliation à la sécurité sociale.

De fortes disparités entre les secteurs

L'UEL insiste sur la mise en place de cette «sphère de sécurité» pour les travailleurs frontaliers, qui bénéficierait en premier lieu aux employés de la place financière. Si l'enquête de l'UEL se veut représentative de la plupart des secteurs d'activité, de fortes disparités apparaissent.

Le télétravail est largement autorisé dans le secteur des assurances (96%), des banques (83%), de l'audit et conseil (80%) ou encore des services aux entreprises (73%). Les résultats sont plus partagés dans l'industrie (66%) et la construction (49%), tandis que de nombreuses professions ne se prêtent pas à la pratique du télétravail. Si 43% des employés du commerce en bénéficient, seuls 6% des entreprises de l'horeca le permettent.

«Un accord entre l'employeur et le salarié»

Xavier Bettel, Premier ministre

Une évolution de la législation sur le télétravail pourrait ainsi entraîner une inégalité entre certains salariés. Le télétravail «fait partie de l’environnement de travail attractif», avait déclaré le Premier ministre Xavier Bettel lors du discours sur l'État de la nation tout en insistant auprès de L'essentiel sur la nécessité «d'un accord entre l'employeur et le salarié». Un autre sujet qui devrait animer le débat public avant les échéances électorales…

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