Chiffres biaisés? – Un nouveau scandale guette Credit Suisse

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Chiffres biaisés?Un nouveau scandale guette Credit Suisse

Selon le «Tages-Anzeiger», la banque suisse aurait enregistré les actifs d'un riche client suisse de manière douteuse. Le but: rester crédible auprès des investisseurs.

Le chef de secteur aurait fourni un document signé qui s'est révélé être un faux.

Le chef de secteur aurait fourni un document signé qui s'est révélé être un faux.

AFP

Pour Credit Suisse, l'année 2012 n'a pas été bonne. Le scandale d'évasion fiscale aux États-Unis et le retrait des actifs des clients de Clariden Leu risquaient de faire passer le secteur gestion de fortune de la banque à côté des objectifs fixés. Le chef de secteur aurait alors envoyé un e-mail à ses collaborateurs, expliquant que «toutes les mesures possibles avaient été prises» pour que les résultats soient positifs. Et ils l'ont été, mais en flirtant avec l’illégalité, révèle ce vendredi le Tages-Anzeiger, s'appuyant sur le rapport du Sénat américain sur les activités de Credit Suisse.

Tout a commencé avant la publication des chiffres du premier trimestre, en avril 2012. Un client de longue date, basé aux États-Unis, que le quotidien soupçonne d'être l'entrepreneur Hansjörg Wyss, aurait placé le fruit de la vente d'actions (une somme qui se compte en milliards) dans les coffres de la banque. Mais pour que cette somme soit comptabilisée dans les actifs du secteur de la gestion de fortune, encore faut-il que le client ait officiellement mandaté l'établissement pour gérer cet argent. Et c'est là que le bât blesse. Le chef de secteur aurait fourni un document signé qui s'est révélé être un faux. Les sommes ont toutefois bien été enregistrées et la banque a pu présenter aux marchés des résultats encourageants.

La crédibilité de la banque en jeu

S'ensuit un va-et-vient complexe de sommes importantes (toujours en milliards) entre les États-Unis et la Suisse. Le client mystère, surnommé «client n° 5», aurait ainsi récupéré la moitié de la somme placée. Le reste aurait continué à gonfler les chiffres de Credit Suisse. Mais l'affaire ne s'arrête pas là. En janvier 2014, un autre e-mail interne prouve que la pirouette comptable devait se reproduire. Le chef de la section gestion de fortune aurait contacté le responsable de la division «Private banking» aux États-Unis, lui demandant de «reclassifier» des sommes importantes, afin qu'elles apparaissent dans le bilan de la division gestion de fortune en Suisse.

Si ces manœuvres avaient pour but de garder la confiance des investisseurs, leur mise au jour aura certainement l'effet inverse. Cité par le Tagi, un analyste estime que la crédibilité de la banque va encore en prendre un coup. Quant au chef de la division gestion de fortune, il a démissionné peu après le début de l'enquête de la commission du Sénat américain. Selon Credit Suisse, son départ serait dû à une maladie.

(L'essentiel/dmz)

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